15 novembre 2014

Une Constitution du peuple, par le peuple et pour le peuple !


par Michel Peyret
14 novembre 2014



Je suis de ceux qui n'ont pas voté la Constitution actuelle et qui, dans un second temps, se sont opposés à l'élection du Président de la République au suffrage universel.
Il est devenu évident, aujourd'hui, que cette Constitution était porteuse de négativités fortes.
Par exemple, j'ai entendu récemment, et à plusieurs reprises, l'actuel Président proclamer : « J'ai décidé de... »
Semblable à ce qu'aurait pu dire, et que disait à l'époque, Louis XIV !
Il n'y a aucune place pour le peuple dans une telle monarchie !
Cela avait été une motivation essentielle de mon vote négatif.
Le temps apparaît venu de mettre à l'ordre du jour, et sans tarder davantage, l'élaboration d'une nouvelle Constitution.
Je suis en accord avec André Bellon lorsqu'il considère que ce changement institutionnel ne soit pas instrumentalisé par les responsables en place.
J'ajoute : ni par ceux qui ne le seraient pas encore, « en place ».
Pour que cela soit, c'est le peuple lui-même qui doit élaborer le texte de la nouvelle Constitution.
La délégation de pouvoir, qui a fait aussi la preuve de sa négativité, ne peut en être le moyen !
Il m'apparaît que la première urgence, en l'occurrence, est d'engager un vaste débat national dont les modalités elles-mêmes seraient préalablement définies dans les entreprises, les quartiers, les villages.
J'insiste en particulier sur les entreprises, les lieux de travail.
C'est là où les salariés produisent le Capital, dont les salariés, entre autres, sont les premières victimes, Capital qui définit, en fait et au final, toutes les caractéristiques de la société, son Etat, l'ensemble du système capitaliste !
C'est lui, le Capital qui, en fait, a établi aujourd'hui la preuve de sa négativité, en même temps que celle du régime qu'il a mis en place !
Ces débats, à la base, auraient une double vocation :
  • Un vaste échange d'idées sur le contenu de la nouvelle Constitution ;
  • Une centralisation de ces idées par la désignation, en ces débats de base, de délégués qui devraient ensuite se réunir, en différents niveaux successifs, jusqu'au niveau national.
Et c'est donc, au final, au niveau national, que les délégués désignés mettraient au point le texte du projet de Constitution lui-même.
Et c'est ce texte lui-même, élaboré par le peuple lui-même, qui pourrait être soumis globalement à ratification par le peuple lui-même !
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Michel Peyret vient également de publier sur le blog "A l'indépendant" un autre texte intitulé "Nouvelle république ou nouvelle forme de capitalisme ?" qui complète celui ci-dessus. En voici un extrait:  aujourd'hui, on nous parle de nouvelle Constitution, donc de nouvelle République, et cette nouvelle Constitution pourrait ne pas dénoncer cet Etat capitaliste !
Et cette nouvelle Constitution ne créerait pas les conditions de sortie du capitalisme, pour établir autre chose que ce capitalisme oppresseur !
[...]Oui, aujourd'hui, si l'on veut faire du nouveau, il est devenu indispensable de rompre avec cet Etat/République capitaliste.
Le peuple doit pouvoir dire lui-même ce qu'il souhaite pour remplacer un pouvoir qui a fait son temps. Peut-être ce que les révolutionnaires appelaient la République sociale.
Ce que pour ma part j'appellerai le communisme, lequel, je le rappelle, n'a jamais été essayé de notre temps.
Mais c'est mon opinion ! Même si je souhaite la faire partager !
 [NDLR]

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Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy