25 mai 2018

Une rechute du stalinisme (1)

Après l'intervention militaire en Tchécoslovaquie (aout 1968), Garaudy et Aragon sur la même ligne:


« UNE RECHUTE DU STALINISME »
Roger Garaudy, lui, avait manifesté sa désapprobation
publiquement dès la fin août. C'était juste après l'« accord » intervenu entre les Tchécoslovaques et les Soviétiques à Moscou. L'accord-diktat, qui parle notamment de « stationnement temporaire » des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie, est accueilli avec un «ouf !» de soulagement par le PCF qui, dans u n communiqué de son BP, le considère comme «un
fait positif». Roger Garaudy ne l'entendit pas de cette oreille et fit une déclaration à l'agence de presse tchécoslovaque CTK dans laquelle il affirmait, en contradiction avec la position du PCF, que « la seule solution est le retrait sans conditions de
toutes les troupes étrangères occupant actuellement la Tchécoslovaquie».
Et Garaudy concluait : « Ce qui est en cause, c'est une
rechute du stalinisme, dans la théorie et dans la pratique, de la
part des dirigeants soviétiques qui ont voulu trop vite tourner la
page du XXe Congrès. »
Le 5 octobre 1968, l'Humanité s'en prend à Garaudy qui
vient de signer une préface à la Liberté en sursis - Prague 1968,
un recueil de textes de dirigeants du PCT. Le directeur du
Centre d'études et de recherches marxistes (CERM) est accusé
de « rompre avec la discipline léniniste d'un parti communiste »,
celle qui condamne un « minoritaire » au silence.

Mais Roger Garaudy recommence sur l'antenne d'Europe I,
à la mi-octobre, quelques jours avant la séance du CC qui lui
infligera un « blâme public ». « Si je parle ici ce soir, c'est que  je
n'ai pu répondre ailleurs», affirmait-il en visant l'Humanité.
Bien informé — par qui ? — Raymond Barrillon commentait
ainsi dans le Monde: «Faut-il envisager une prochaine
éviction du Bureau politique du directeur du CERM ? Évitera-t-
on d'aller jusque-là, et l'offensive a-t-elle seulement pour but de
satisfaire et d'apaiser les " inconditionnels" du prosoviétisme, au
nombre desquels on cite avec une insistance croissante, ici et là,
Mm e Jeannette Thorez-Vermeersch, que le P C F n'avait pas
représentée aux élections sénatoriales du 22 septembre ? »

[…Il faut tout de même signaler les deux interventions de l'intouchable Aragon. Dans unéditorial des Lettres françaises, il lance :
« J'appelle un chat un  chat. » Ripostant à une attaque de la moscovite Literatournaïa Gazeta, le poète membre du CC écrivait: « Je ne suis
absolument pas sûr que le ridicule soit du côté des communistes
français, italiens, espagnols, entre autres, mais en tout cas, j'ai la
certitude que l'odieux est du côté de ceux qui donnent un nom
mensonger à l'invasion brutale de la Tchécoslovaquie, à la
rupture insolente de la fraternité entre les partis communistes, au
recours à la force comme méthode de discussion (...)»
Les Lettres françaises publieront aussi la préface qu'Aragon a
écrite au roman de Milan Kundera, la Plaisanterie, dont la
traduction française venait d'être publiée, préface surtout
connue par son célèbre : « Je me refuse à croire qu'il va se faire
là-bas un Biafra de l'esprit ! »
« Et voilà qu'une fin de nuit , écrivait le romancier, au
transistor, nous avons entendu la condamnation de nos erreurs
perpétuelles. Que disait-elle, cette voix d'ombre, derrière les
rideaux encore fermés du 21 août à l'aube? Elle disait que
l'avenir avait eu lieu, qu'il ne serait plus qu'un recommencement.
Cette voix qui depuis ne se tait plus, qui impose d'appeler vertu le
crime, qui appelle aide au peuple de Tchécoslovaquie l'intervention
brutale par quoi le voilà plongé dans la servitude. Cette voix
du mensonge, qui prétend parler au nom de ce qui fut un
demi-siècle l'espoir de l'humanité. Par les armes et le vocabulaire,
ô mes amis, est-ce que tout est perdu ? »

"KREMLIN PCF.Conversations secrètes"
Olivier Orban
© 1984, Olivier Orban

PAGES 34 ET 35                                                       A SUIVRE

19 mai 2018

Document historique. La question palestinienne et la Responsabilité internationale (1983)

LA QUESTION PALESTINIENNE

et la Responsabilité Internationale
" On porterait gravement atteinte aux principes élémentaires de l'équité en n'accordant pas à ces innocentes victimes* du conflit le droit de retourner chez elles alors que, par ailleurs,les
immigrants juifs pénétreraient en grand nombre en Palestine et pourraient même menacer de prendre définitivement la place des réfugiés arabes dont les familles sont installées dans le pays depuis des siècles. "
Comte Bernadotte (1948)

* les Palestiniens.

Cher lecteur,
A la veille de la Conférence internationale sur la Palestine, débutant
à Genève le 29. 8. 83, nous avons cru utile de vous faire part de ce
document.
Celui-ci n'est aucunement destiné à une quelconque propagande.
Il essaye de jeter quelques rayons de lumière sur des réalités afférentes
à la cause palestinienne, oubliées ou méconnues.
Dès lors, on s'est borné, pour l'essentiel, à la citation de certains
textes des résolutions de l'O.N.U. et à des déclarations, notamment,
des différents dirigeants et responsables israéliens.

Le Groupe d'Etude
sur le Moyen-Orient, Genève.

L'O.N.U., Israël et les Palestiniens
Dans sa résolution ES/7/7 du 19 août 1982, l'Assemblée générale des Nations Unies avait décidé de convoquer à une conférence internationale sur la question de Palestine en vue de rechercher des moyens efficaces pour permettre au peuple palestinien d'obtenir et d'exercer ses droits.
Il apparaît, après plus de 30 années de conflit, que, si le peuple palestinien n'a pas encore obtenu ses droits, cela tient au fait que l'Etat sioniste d'Israël, fondé sur le racisme, l'expansionnisme et la terreur, ne se conforme pas au droit international et ne tient pas compte des résolutions de l'Organisation des Nations Unies. En un mot, c'est "parce que Israël n'est pas une Etat comme les autres" !
Toute ébauche de solution pour la question de la Palestine passe nécessairement par une démystification tant des principes selon lesquels l'Etat sioniste d'Israël a été créé que des principes selon lesquels s'exerce sa politique. Cette démystification permettra, non seulement de mesurer l'injustice faite au peuple palestinien, mais aussi de montrer la mesure du danger que la paix et la sécurité mondiale encourent. Avec les développements que connaît le Proche-
Orient à l'heure actuelle, une telle analyse devient de plus en plus urgente.

Création de l'Etat d'Israël

La Déclaration Balfour
Dans son livre L'Affaire Israël, le Sionisme Politique , Roger Garaudy dit: "avec la Déclaration Balfour commençait la série des grands mensonges qui jalonnent l'histoire de l ' Etat d'Israël et de ses dirigeants" . L'auteur de cette déclaration, parue le 2 novembre 1917, reconnaît que le principe de l’auto-détermination était refusé à la population de la Palestine. En effet, Arthur James Balfour écrira à Loyd George le 19 février 1919 : " le point faible de notre position c'est évidemment que, dans le cas de la Palestine, nous avons refusé le principe de l'autodétermination. Si les habitants actuels étaient consultés, ils rendraient
indiscutablement un verdict contre l’implantation juive ".
En effet, le rapport de la Commission King-Crane, envoyée par le Président Wilson en 1919, confirmera le refus opposé par la population palestinienne à rencontre de l'implantation juive. Cette commission proposait alors le rejet du programme sioniste maximal et le maintien de l'unité de la Syrie-Palestine sous un mandat britannique ou américain garantissant la présence du foyer national juif limité .
En outre, la Déclaration Balfour stipulait que les droits civils et religieux des communautés non-juives seraient respectés. Or ces droits furent constamment bafoués, et l'idée d'un foyer national juif qui, selon le Livre Blanc Britannique de 1922, devait consister à créer, en Palestine, un centre de rayonnement de la culture et de la religion juives, était devenue pour les dirigeants sionistes un paravent derrière lequel se cachaient leurs intentions de créer un Etat sioniste. Cet état d'esprit devait se confirmer par la suite avec le partage de la Palestine et la création de l'Etat d'Israël.

La Résolution de partage de la Palestine
Une étape décisive fut franchie le 29 novembre 1947 lorsque l'Assemblée Générale des Nations Unies adopta la résolution 181 dite de partage de la Palestine. Les Juifs, qui constituaient à cette date 32 % de la population et ne possédaient que 6,5 % des terres, reçoivent des Nations Unies 56 %du territoire avec les terres les plus fertiles.
Dès lors se posera l'épineux problème de la compétence de l'Assemblée Générale des Nations Unies à prendre une telle décision.
En effet, comme l'explique Monsieur Chambour, l'organisation des Nations Unies avait expressément renoncé, en 1946, à ses fonctions de contrôle exercées auparavant par la Société des Nations en matière de mandat sur la Palestine. A cet effet, les dispositions légales des obligations de la puissance mandataire sont nettement exprimées par l'article 2 du pacte du mandat. Ce dernier stipule que: "La garantie de l'intégrité territoriale de la Palestin e est assurée par la puissance mandataire, ainsi que sa protection contre toute perte ou prise à bail de tout ou partie de son territoire et  contre l'établissement de toute autre puissance
étrangère. "
Cette question de compétence fut reprise en 1947 par l'Assemblée générale, sous la forte pression qu'exercèrent les délégations sionistes sous plusieurs formes, dont la plus commode fut le chantage à l'antisémitisme. Les excès sionistes furent tels qu'ils faillirent compromettre les objectifs mêmes des Juifs. Le Dr Chaïm Weizmann dut minimiser, devant l'émotion de Truman, l'ampleur de cette campagne en l'attribuant à des éléments "incontrôlés" : "Il est courant de prétendre à Washington que nos frères israélites ont exercé des pressions déplacées et excessives sur certaines délégations et ont ainsi dépassé la mesure. Je ne peux
répondre des personnalités sans mandat..."
Dans ses Mémoires, l'ancien président des Etats-Unis, H. Truman, écrivit ce passage déplorable : " En réalité, non seulement les Nations Unies étaient soumises à des pressions telles qu'elles n'en avaient jamais connues, mais la Maison Blanche, elle aussi, subissait un véritable tir de barrage. Je ne crois pas avoir jamais été l'objet d'une campagne de propagande aussi virulente. L'acharnement de quelques-uns des dirigeants sionistes parmi les plus extrémistes, poussés d'ailleurs par des motifs politiques et maniant la menace politique, me gênait. Certains d'entre eux suggéraient que nous fassions usage de notre influence pour amener des nations souveraines à voter favorablement à l'Assemblée générale. "
L'Assemblée générale avait présenté à la Cour internationale de justice une demande d'interprétation de l'article 10 de la Charte de l'O.N.U., concernant » son pouvoir de contrôle et sa compétence en la matière. La Cour avait admis la demande et prononça sa résolution (No 141-III), qui fut confirmée par la résolution No 227-HI du 21 novembre 1948 et la résolution 337 du 6 décembre 1949.
La Cour internationale de justice a admis cette position malgré le fait que l'Assemblée générale avait expressément déclaré renoncer à ses fonctions de contrôle découlant de l'article 10 de la Charte et donna l'interprétation suivante:
"... La Cour a estimé que l'Assemblée générale des Nations Unies avait, aux termes de l'article 10 de la Charte, le droit de reprendre les fonctions de contrôle exercées auparavant par la S.D.N. La compétence de l'Assemblée générale des Nations Unies, pour exercer un tel contrôle et pour recevoir et examiner des rapports, ressort des termes généraux de l'article 10 de la Charte qui autorise l'Assemblée générale à discuter toutes questions ou affaires entrant dans le cadre de la Charte et à formuler sur ces questions ou affaires des recommandations aux membres des Nations Unies."

Compétence de l'Assemblée générale
Il ressort de l'interprétation de la C.IJ. que l'Assemblée générale de l’O.N.U. peut se prévaloir de ses droits auxquels elle avait expressément renoncé auparavant, dans le cadre des fonctions de contrôle que la S.D.N. exerçait en matière des mandats et de celles déterminées dans la Charte de TO.N.U. Ces compétences sont:
1. Recevoir et examiner les rapports de la puissance mandataire ;
2. Recevoir et examiner les pétitions ;
3. Emettre des recommandations aux membres des Nations Unies ;
4. Discuter toutes questions ou affaires dans le cadre de la Charte.
C'est dans l'exercice de ses fonctions précitées que l'Assemblée générale de l'O.N.U. s'était heurtée à nombre de difficultés d'ordre politique et juridique.

Questions politique :
Les très fortes pressions qu'exercèrent les congressistes sionistes sur nombre d'Etats membres de PO.N.U., les instances de la délégation des Etats-Unis auprès de l'Assemblée générale, afin de prendre une attitude favorable à la cause des Juifs et, enfin, les instructions données par le Président Harry Truman au Département politique d'Etat pour qu'il accorde l'appui de l'Amérique au plan de partage, lequel ordre est cité par M. H . Truman lui-même dans ses Mémoires, tous ces facteurs politiques d'influence eurent assurément de graves conséquences sur la conduite des décisions prises par l'Assemblée générale concernant l'affaire
palestinienne.

Questions juridiques : La succession de la SD.N.
Cette sucession est affirmée par la Cour internationale de justice, en ce qui concerne le
mandat. Certains auteurs ont contesté cette succession relative au mandat A qui a pris fin par l'indépendance des pays du Proche-Orient. Cependant, le régime de la tutelle internationale entre dans le cadre de la succession de l'O.N.U. à la S.D.N.
Mais l'interprétation de la C.I.J., en ce qui concerne la compétence de l'Assemblée               générale de l'O.N.U., assure le maintien intégral des dispositions juridiques et politiques du mandat A. La Palestine, qui n'avait pas reçu son indépendance encore, conservera les droits attachés à son unité territoriale et politique.
La Cour affirme à cet égard que les obligations résultant des mandats et leur objectif primitif demeurent maintenus par la succession de la S.D.N. L'Assemblée devait respecter sa compétence limitée par la Cour et l'article 10 de la Charte. Or, l'Assemblée générale, prenant en considération la demande de la puissance mandataire sur la Palestine, en date du 18 février 1947, annonçait la cessation du mandat britannique sur la Palestine.
Le problème palestinien s'est trouvé dès 1947 soumis à l'Organisation des Nations Unies. Celle-ci devait se conformer d'une part au Pacte de la S.D.N., voire à l'article 22 portant sur la législation fondamentale du mandat A appliqué sur la Palestine comme il a été appliqué aux pays du Proche-Orient sous mandat ; d'autre part, elle devait faire face au problème essentiel du conflit israélo-arabe, concernant le sort légitime de la Palestine en tant qu'Etat indépendant, avec un Foyer juif, nettement stipulé par le pacte du mandat britannique.
Le 15 mai 1947, l'Assemblée générale a pris deux résolutions*4, l'une portant sur la création d'une Commission spéciale, ayant pouvoir très étendu pour enquêter sur toutes les questions et tous les problèmes relatifs à l'affaire palestinienne; l'autre, sous forme d'appel aux gouvernements et peuples était ainsi libellée:
"L'Assemblée invite, par la résolution No 107, tous les gouvernements et tous les peuples et particulièrement les habitants de la Palestine à s'abstenir du recours à la force ou à la menace ainsi qu'à toute forme d'action qui serait de nature à créer une atmosphère pouvant  compromettre une solution rapide de la question palestinienne."

La question juridique du plan de partage
La Commission spéciale, n'ayant pas réussi à se prononcer à l'unanimité sur une solution unique, présenta à l'Assemblée deux plans différents. Le plan de la majorité recommande le partage de la Palestine en deux Etats, arabe et juif, liés  par une union économique, et le plan de la minorité, préconisant la constitution d'un Etat fédéral avec Jérusalem pour capitale.
Une commission ad hoc est instituée par l'Assemblée générale chargée plus
spécialement de l'étude des trois points suivants :
1. la proposition britannique,
2. la proposition arabe de cessation du mandat et de reconnaissance de l'indépendance
de la Palestine,
3. le rapport de la Commission spéciale.
L'élaboration d'une décision était déjà préparée à l'avance pour admettre le plan de partage, qui fut adopté par 25 voix contre 13,17 abstentions et 2 absences. C'est ainsi que la Belgique, la France, Haïti, le Libéria, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Paraguay et les Philippines ont dû réviser leur vote au moment de la séance plénière.
Cette décision est contraire aux prescriptions de l'article 22 du Pacte de la S.D.N. qui déclare l'entité politique territoriale de la Palestine. Elle l'est aussi par le fait de l'incompétence de l’O.N.U. de modifier les dispositions du mandat A qui reconnaissent l'indépendance de tous les pays qui s'étaient détachés de l'Empire ottoman. Le partage est contraire à l'intégrité territoriale de la Palestine prévue par l'article 22 précité. Que le Foyer juif se transforme par des décisions illégales de l'O.N.U., en un Etat. ; c'est une violation du droit des peuples de disposer d'eux-mêmes. L'Etat d'Israël n'étant pas en bonne et due forme nationale
pour pouvoir recevoir un fin juridique.
Que l'O.N.U. soit amenée à prendre la résolution 107 précitée, c'est qu'elle a été avertie des soulèvements en Palestine de l'opinion publique contre la décision du partage ; cela nécessitait une mesure à prendre contre les pressions sionistes, et les mettre devant la situation exacte qui ne pouvait être que le choix entre deux solutions juridiques équitables :
1. La détermination d'un lieu pour le Foyer juif, conformément aux dispositions du Pacte de la S.D.N. et du mandat A au sein d'une Palestine indépendante arabe.
2. La mise en application d'un mandat, sous le contrôle de l'O.N.U., de l'administration
autonome du Foyer juif, pour une période déterminée pour connaître la conduite des Juifs, et les conditions de leur établissement dans un canton. Cette décision aurait été conforme aux articles 1 et 2 de la Charte, qui recommandent le respect de la paix, des droits et libertés de l'homme, et avec les articles 10 et 14 de la Charte.
Mais cela n'était pas la pensée de l'O.N.U. Elle est et elle demeurera responsable du conflit actuel.
Le professeur I. Browlie écrit à propos : " Plusieurs considérations donnent à douter de la capacité des Nations Unies pour conférer un titre sur un territoire, entre autres parce que les Nations Unies ne peuvent assumer le rôle de souverain territorial." "Ainsi la résolution de 1947, comportant un plan de partage de la Palestine, était probablement prise en dehors de la compétence des Nations Unies, et même s'il n'en est pas ainsi, elle n'avait aucun caractère obligatoire pour les Etats membres."
Dans son rapport intérimaire présenté au Secrétaire général de l'O.N.U. le 16 septembre 1948, le médiateur de l'O.N.U., le comte Folke Bernadotte, releva les points essentiels du problème palestinien : le partage, l'Etat juif, l'immigration et les réfugiés palestiniens. Car il estimait que la question qui se posait n'était pas de savoir s'il était souhaitable de reprendre et de reviser la résolution
du 29 novembre 1947 ; celle-ci est déjà dépassée et irrévocablement révisée par les faits qui se sont produits au cours de l'histoire récente de la Palestine. Décrivant l'attitude des Etats arabes, le comte Bernadotte estimait : "qu'il est extrêmement difficile d'accepter seulement le fait de l'existence d'un Etat juif en Palestine, tout en reconnaissant le droit à de nombreux Juifs actuellement en Palestine, disait-il, de s'y trouver et d'y demeurer en tant que citoyens d' un Etat palestinien. Ils repoussent avec indignation les aspirations nationalistes des Juifs à un Eta t séparé." "Selon moi, conclut-il, et sans excuser en aucune façaon l'intervention armée
des Etats arabes, la solution d u problème serait facilitée si la communauté internationale et les Juifs d'Israël voulaient bien manifester plus de compréhension à l'égard du point de vue arabe."
Le lendemain de ses rencontres avec les représentants arabes et juifs, le Comte Bernadotte adressa son rapport au Secrétaire général de l'O.N.U. Le surlendemain, soit avant même que son rapport ne fût parvenu au Secrétaire général, le Comte Bernadotte fut assassiné.
"Ce serait se laisser aller à une dangereuse illusion que de vouloir instituer d'un jour à l'autre un Etat "d'Israël" sans tenir compte de la raison d'Etat, telle que l'entend la politique moderne des nations." Les Nations Unies ont omis le devoir impérieux d'appliquer sur cet Etat le régime du mandat international pour déterminer le système fonctionnel de l'Etat et  pour mesurer la compétence de son pouvoir public et sa conduite dans la société étatique.
Le problème qui subsiste est de savoir comment les Nations Unies voudront sortir de l'impasse difficile dans laquelle se trouve la Palestine, sa population dispersée et sa terre spoliée.
Dans le rapport qu'il a présenté au Conseil de Sécurité le 16 mai 1967, le Secrétaire général de VO.N.U: n'a pas caché l'extrême difficulté de la situation de l'O.N.U., depuis dix-huit ans, pour le maintien d'une paix au Proche-Orient. " Dans cette tâche, disait-il, l'Organisation s'est heurtée à un grand nombre d'échecs, de déceptions, de crises, de conflits et même à la guerre. Mais l'effort se poursuit sans relâche; nous faisons maintenant face à une situation nouvelle et menaçante; mais je reste convaincu qu'avec la coopération de toutes les parties
intéressées, l'O.N.U, et en particulier le Conseil de Sécurité, doivent continuer à chercher et finalement trouver des solutions raisonnables, pacifiques et justes. "

Décidément l'autorité internationale s'est déclarée aujourd'hui plus que jamais en état de crise, de défaillance morale. L'ultime assaut semble donné à l'édifice de l'autorité et de la justice internationale. Israël en profite pour abuser des décisions de l'O.N.U. La gloire et la splendeur de la victoire, d'être assis parmi les nations lui semblent suffisantes pour étendre son autorité en Palestine ainsi qu'en territoire occupé. Il lui importe peu de se voir considéré comme n'étant pas associé aux résolutions de la communauté internationale, ou d'être blâmé par elle. Le but à attendre est le seul souci qui lui cause des embarras. Qualifié de pacifiste lors de son admission à l'O.N.U., peu de temps après Israël s'est vu condamné par des actes graves d'accusation pour agressions violentes.

14 mai 2018

68 : «Le tournant des rêves», par Roger Garaudy

La révolte étudiante, les grèves ouvrières, l'invasion de Prague, vues par Roger Garaudy dans ses "Mémoires" 
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Le vieux lion de bronze de la place Denfert-Rochereau a
aujourd'hui une toison frémissante : des jeunes agrippés à sa
crinière.
Va-t-il rugir et se lever ?
Se retourner au moins pour voir Paris monter vers lui sur le
boulevard Raspail auquel il tourne superbement le dos ?
Je suis perché sur le socle, en dépit de la discipline : ma place
officielle serait là-bas, avec la direction du Parti, dans la manif.
Là où je suis, l'on me regarde peu, mais ce « peu » est fait de
soupçons : ce « vieux » n'est-il pas un flic en civil ? S'ils savaient
que je suis membre du bureau politique, on me délogerait
comme un pou découvert dans la fourrure du lion.
— Tu es là comme voyeur ou participant ?
Les aboiements des haut-parleurs de l'étage au-dessus, celui
de l'état-major de la crinière, m'ont dispensé de répondre.
En venant, ayant contourné les affluents de la manif, je n'ai
pas pu traverser l'esplanade des Invalides investie par une
concentration de cars de C.R.S.
La police va-t-elle provoquer l'affrontement ?
Peu probable en face de cette levée d'un million de gens.
Alors, qu'attendent-ils là-bas ?
De mon piédestal, le boulevard Raspail a l'air d'un fleuve
filmé au ralenti. Des têtes indistinctes de la foule émergent des
banderoles, des pancartes, et un peuple de portraits : Mao Tsêtung,
Che Guevara, Hô Chi Minh, Nasser, Lumumba... Pas un
visage européen. Comme si la levée de Paris se faisait à l'appel
d'un autre monde et cherchait à voir celui-ci avec d'autres
yeux.
Cette arche de Noé oscille sur la houle.
Les rives du fleuve sont dessinées : le service d'ordre, et sa
guirlande de macarons rouges de la C.G.T., encadre la
manifestation avec l  chaîne des mains nouées de ses militants,
sur des kilomètres, pour empêcher débordements et provocations.
En arrivant sur la place, le défilé se déploie en éventail, puis
en cercle autour du Lion, comme sur le cratère d'un volcan.
Pénètrent maintenant sur la place les dirigeants de l a C.G.T.
et du Parti communiste.
Dans leurs porte-voix, les responsables du service d'ordre
répètent sans cesse aux nouvelles vagues de manifestants :
— Dislocation ! Dispersez-vous ! A votre gauche, par Arago
ou boulevard Blanqui.
— Qu'est-ce que tu attends, Daniel ?
Le groupe de la crinière, là-haut, semble porter son chef et la
petite flamme rousse de ses cheveux.
Lorsque Cohn-Bendit se lève, une clameur embrase la place.
Puis un silence. Une attente. Une attente messianique.
Il s'adresse, au-delà de ses propres troupes, aux états-majors
traditionnels qui débouchent sur la place.
— Le temps des processions est fini...
Nouvelle flambée de cris.
— On veut vous renvoyer, comme à la fin de la messe.
Huées indistinctes...
Il enchaîne :
— Vous n'êtes pas venu un million pour un enterrement!...
La fête continue : descendez l'avenue du Maine... puis la Seine,
et retour au quartier Latin.
Délire sur la place.
Protestation puissante sur Raspail.
J'entends vaguement : « Provocateur... Les flics attendent piège...»
Je n'arrive pas à me dégager pour essayer de faire annoncer
plus loin, avant les Invalides, qu'on jette ces lycéens enthousiastes
dans la gueule des flics.

5 mai 2018

5 mai 1818 - 5 mai 2018, 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx

Ce qui se termine avec le régime capitaliste c'est la préhistoire bestiale de l'homme humain

Première page de l'édition originale
du Manifeste du parti communiste
(février 1848)
Liberté, dit Marx, égale puissance réelle. Le socialisme c'est l'avènement d'un régime qui détruit tous les obstacles matériels, et, notamment, économiques et sociaux, à l'intégration de la totalité de l'humanité en chaque homme. La liberté sans mensonge c'est la possibilité pour chaque homme, pour tous les hommes d'accéder à la totalité de la culture humaine, de participer pleinement au travail commun, consciemment organisé, de tous les hommes, aux richesses et aux pouvoirs qu'il engendre, et à partir de la, de développer toute sa puissance créatrice sans autre limite que ses capacités ou ses dons.
La liberté, « la réalisation universelle de l'individu  ne cessera d'être représentée comme idéal... que lorsque l'impulsion générale qui sollicite les dispositions des individus pour le développement réel aura passé sous le contrôle des individus, comme le veulent les communistes.»
Le fondement économique et social de cet humanisme concret, Marx le définira dans Le Capital : « le communisme est  une réunion d’hommes libres, travaillant avec des moyens de production communs, et dépensant d'après un plan concerté leurs nombreuses forces individuelles comme une seule et même force de travail social. »
Est-ce à dire que cet accomplissement, dans la société sans classes du communisme, sera la fin de l'histoire ? En aucune façon. Ce qui se termine avec le régime capitaliste c'est la préhistoire bestiale de l'homme humain. « Les rapports bourgeois de production sont la dernière forme du procès social de production qui ait an caractère antagonique... Avec ce type de société s'achève la préhistoire de la société humaine. » Le communisme est te commencement de l'histoire proprement humaine, celle qui n'est pas faite des luttes et des affrontements carnassiers de la jungle, celle des luttes de classes et des guerres. «Pas plus que la connaissance l'histoire ne peut trouver un achèvement définitif dans un état idéal parfait de l'humanité. » 
Cette société n'aura même plus pour moteur le besoin. «Le royaume de la liberté commence seulement
là où l'on cesse de travailler par nécessité imposée de l'extérieur; il se situe donc par nature au-delà de la sphère de production matérielle proprement dite. De même que l'homme primitif doit lutter contre ta nature pour pourvoir à ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire, l'homme civilisé est forcé lui aussi de le faire et de le faire quels que soient la structure et le mode de la production. Avec son développement s'étend également le domaine de la nécessité naturelle, parce que les besoins augmentent ; mais en même temps s'élargissent les forces productives pour les satisfaire. En ce domaine la seule liberté possible est que l'homme social, les producteurs associés règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu'ils la contrôlent ensemble au lieu d'être dominés par sa puissance aveugle et qu'ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de forces et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. C'est au-delà que commence le développement des forces humaines comme une fin en soi, le véritable royaume de la liberté qui ne peut s'épanouir qu'en se fondant sur l'autre royaume, sur l'autre base, celle de la nécessité. »
Marx ajoute que « la condition essentielle de cet épanouissement est la « réduction de la journée de travail » car « la mesure de la richesse ne sera plus le temps de travail, mais le temps libre. »


Roger Garaudy, Karl Marx, pages 153-155

A LIRE: Marx et les luttes politiques, une série de 9 articles reprenant un chapitre du  livre de Garaudy

Sur ce blog 128 articles traitant de Marx et du marxisme sous différents angles: http://rogergaraudy.blogspot.fr/search/label/Marx

2 mai 2018

Ce que j'entends, par transcendance...Par Roger Garaudy

Ce que j'entends, par transcendance […]

Premièrement, nous appellerons transcendance, le dépassement par lequel l'homme, en chacun de ses actes créateurs, qu'il s'agisse d'inventions scientifiques ou techniques, de créations artistiques, d'amour, de révolutions ou de sacrifices, fait l'expérience vécue, qu'il est autre chose et plus que l'ensemble des conditions historiques qui l'ont engendré, autre chose que leur résultante et que leur produit, son avenir, ne se déduit pas seulement de son héritage biologique, de ses conditionnements sociologiques, de sa culture, de sa formation. La transcendance est ainsi rupture à l'égard des déterminismes et des rationalités telles qu'elles sont définies en tel ou tel moment de l'histoire […]
Deuxième aspect : Nous appellerons transcendance la possibilité permanente de rupture avec l'ordre établi et les modèles déjà existants de société, c'est-à-dire, l'acte par lequel, au lieu de chercher les fins d'une société à l'intérieur du système, […] nous pouvons chercher les fins de la société en dehors du système, c'est-à-dire dans une manière nouvelle […] de vivre nos rapports avec la nature, avec les autres hommes, avec l'avenir ; bref de choisir un nouveau modèle de civilisation. […] Il ne s'agit donc pas d'une simple négation, mais d'un pouvoir de rupture, la transcendance étant cette dimension de l'homme qui fait émerger en lui l'homme caché. J'insisterai sur le fait qu'elle est le contraire de l'irrationnel : elle est beaucoup plus le moment critique de la raison, la mise en cause permanente de la raison déjà faite, au nom d'une raison en train de se faire et dont elle est le ferment, c'est-à-dire qu'elle est de l'ordre d'une question, et non pas de l'ordre d'une réponse […].
 Troisièmement j'appelle transcendance cette dimension de l'homme prenant conscience qu'il n'a pas d'autre essence que son avenir et qu'il vit d'être inachevé. La transcendance est par là même, une dimension de l'histoire, lorsque nous avons conscience qu'elle n'est pas linéaire, unidimensionnelle, mais au contraire, qu'elle naît, comme l'écrit Ernst Bloch, d'un  «océan de possibles dont un seul s'est réalisé ».




Roger Garaudy
Extraits de Transcendance et révolution
Intervention au Colloque du Centre Interdisciplinaire d’Etudes Philosophiques de l’Université de Mons (Belgique). 17 et 18 mai 1974 

30 avril 2018

Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir

Clermont-Tonnerre déclarait, le 24 décembre 1789, à la tribune de la Constituante, qu’«il faut refuser tout aux juifs comme nation dans le sens de corps constitué et accorder tout aux juifs comme individus…» Catégorique, il rejetait alors tout «communautarisme». Lorsqu’on se gargarise aujourd’hui en haut lieu ou dans les médias de communautarisme, on ne pense guère qu’aux Arabo-musulmans. Loin de toute langue de bois, disons clairement que ce mot est devenu synonyme de «musulmans». C’est vers eux que, du voile à la burqa en passant par l’identité nationale, tous les regards sont tournés, dans un pays pourtant laïque comme la France. Objet de cristallisation, comme les juifs l’ont été dans le passé, la nationalité française de nombre d’entre eux passe au second plan après leur religion.
En revanche, lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organise son dîner annuel et qu’il lance des fatwas contre les uns et les autres, quand les politiciens de tout bord, y compris le Président et le Premier ministre, y accourent, personne n’ose parler de communautarisme. François Fillon est allé jusqu’à dénoncer ledit communautarisme lors de ce même dîner, au prétexte qu’il «refuse l’égalité et la fraternité». Il faisait bien sûr référence au communautarisme musulman. Et pourtant, tous les ingrédients sont réunis pour parler aussi de communautarisme juif. Cette année, comme l’an passé, les mesures d’ostracisme ont visé le PCF et les Verts, au motif de leur campagne de boycott des produits israéliens. Comble de l’horreur, certaines municipalités communistes auraient fait citoyen d’honneur Marwan Barghouti, l’un des responsables du Fatah, en geôle à vie en Israël.
On en vient à se demander si le Crif n’est pas plutôt le porte-parole d’Israël en France, comme une seconde ambassade de ce pays. Il y a un siècle, ce qui aurait passé pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui soutien à Israël. Parce que les juifs de France collent, paraît-il, à la ligne politique d’Israël, qu’elle soit de gauche ou de droite, leurs institutions, dont le Crif, ne feraient que suivre le mouvement. Les voilà tous légitimistes. Après la victoire d’un Nétanyahou et de ses alliés en Israël, on ne s’étonnera donc pas de la forte droitisation du Crif, concrétisée entre autres par l’entrée dans son comité directeur de personnalités aux opinions radicales.
Mais qui représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c’est qu’il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l’est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s’agglutinent à son dîner croient vraiment qu’il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l’influence serait déterminante, en raison de la place qu’ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française. De cet appui ne bénéficieront bien sûr que ceux qui soutiennent le plus Israël et qui donnent des gages clairs dans le combat contre l’antisémitisme. Un combat certes indispensable, mais qui mériterait de n’être pas instrumentalisé pour faire accepter toute politique israélienne, y compris la plus blâmable. Projetant sur la scène française ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient, le Crif ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement. En revanche, il a ses bons musulmans, comme Israël a ses bons Palestiniens, les seuls avec qui il daigne «dialoguer».
Aussi peu représentatif qu’il soit, le Crif est sans doute au diapason des positions de bien des juifs français, de plus en plus conservateurs politiquement, supporteurs inconditionnels d’Israël en toute circonstance et se réfugiant dans la mémoire de la Shoah et dans la dénonciation de l’antisémitisme, qui vont de pair. Celles-ci, forces rassembleuses indéniables, contribuent surtout à la survie d’un judaïsme qui le plus souvent s’y résume, ayant par ailleurs grandement perdu sa pratique et la conscience de ses valeurs essentielles. Qu’est-ce que le Crif sinon un groupuscule endogamique qui se donne des airs de petit Etat indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils oseront critiquer la politique israélienne, que par l’instrumentalisation de la culpabilité de la Shoah intériorisée par la classe politique ? Le pouvoir imaginé que cette minuscule institution a su se fabriquer se retourne hélas contre les juifs eux-mêmes, et d’abord contre ceux qui ne se reconnaissent nullement en elle. Il génère à son tour de l’antisémitisme et offre des arguments, certes fallacieux, à ceux qu’obsèdent les vieux thèmes bien rôdés du pouvoir juif, du complot juif. La «servilité» de circonstance des professionnels de la politique face au Crif vient renforcer les anciens préjugés.
Cette foi trop partagée dans la puissance des juifs et de leurs instances représentatives n’augure rien de positif. Le dîner du Crif enfin déserté, ses menaces ramenées à leur juste proportion de dangerosité réelle, voilà des mesures prophylactiques qui seraient susceptibles d’enrayer en partie une hostilité antijuive se nourrissant de fantasmes.
Dernier ouvrage : «Etre juif après Gaza», CNRS éd., 2009.