28 août 2010

Le socialisme est une idée universelle

Dans son livre Pour un dialogue des civilisations (Denoël) Roger Garaudy analyse le socialisme africain de Julius Nyerere et expose ce qui dans cette conception du socialisme a valeur universelle. Un extrait significatif:

Le socialisme est une idée universelle. Si on le définit par ses fins et non pas seulement par ses moyens. Nyerere en dégage les caractéristiques suivantes:
- 1 - L'homme est le but de toute activité sociale. L'homme, c'est-à-dire tout homme. Ce qui exclut toute domination de race, de classe ou de sexe.
- 2 - La démocratie n'est pas nécessairement un régime de partis
(la pluralité des partis est simplement le signe qu'il y a des conflits dans la société), ni un parlement (dans lequel on délègue et aliène les pouvoirs et les responsabilités).
       Les élections ne sont pas le commencement et la fin de la démocratie. Sans aucun doute il faut que le peuple lui-même désigne les hommes chargés d'aider les communautés autonomes en planifiant et en répartissant les ressources, et de coordonner leur coopération entre elles, mais il est aussi important que ce peuple ait la liberté et le pouvoir de les contrôler efficacement.
- 3 - Dans une société composée de travailleurs (ce qui ne signifie pas nécessairement de salariés), la garantie de la possibilité de contrôle c'est la propriété publique qui peut présenter de multiples formes mais a toujours le même but: empêcher qu'un individu ou un groupe puisse dominer la société par une mainmise sur les moyens de développer le bien-être de la société.

(R. Garaudy, pages 175-176)

Le socialisme n'est universel que dans la mesure où il tient compte des différences entre les hommes, tout en étant également valable pour chacun d'eux. Cela est possible, car l'universalité du socialisme n'implique pas une uniformité complète de toutes les institutions, les habitudes sociales et les langues de la terre

Julius Nyerere "Liberté et socialisme" (Editions Clé Yaoundé, 1972).
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy