9 juillet 2017

Avignon: une Antigone bouddhique pour le fantôme de Vilar

Le mythe des Atrides n’est pas naturellement la tasse de thé des Japonais. Satoshi Miyagi a donc décidé d’un prologue où il résume en 10mn pour ses compatriotes le conflit entre Antigone et l’usurpateur Créon, qui refuse d’enterrer un de ses deux frères accusé d’anarchie. Dans Sophocle le politique s’oppose aux lois divines. Dans la version ‘bouddhique’ de Miyagi l’important est de ne pas distinguer après la mort les bons des mauvais mais de laisser à chaque âme le loisir d’errer en paix. Dans la présentation des principaux personnages au public on voit défiler, outre Antigone et Créon,  Etéocle et Polynice, les frères ennemis qui s’entretuent devant nous , Ismène la sœur d’Antigone, Hémon, son fiancé, qui finira suicidé et le devin Tirésias .Mais ce prologue , joué en un français ‘scandé’ à la japonaise avec un surjeu caricatural cette parodie du Japon par un Japonais met le public dans sa poche. L’orchestre y va aussi de son clin d’œil souriant en insinuant le tube emblématique Psyché Rock de Pierre Henry (qui vient de mourir) et  qui illustrait la Messe pour le Temps présent de Béjart, triomphant dans ce même lieu en …1967. Bienvenue donc au royaume des morts…par l’humour aussi.

Christian Jade (RTBF.be)

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Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy