1 mai 2017

Sommations...

Depuis les résultats du premier tour acquis définitivement, on entend tous les jours et sur tous les airs des appels à voter Macron. Généralement, on précise que ça n’est pas de gaîté de cœur mais pour faire barrage à MLP. À partir de là, tout est dit. Quiconque n’obtempère pas est aussitôt traité de tous les noms .
À l’injonction s’ajoute la culpabilisation. Toute voix qui manquerait à M. Macron, par abstention, vote blanc ou nul (marquer sur un bulletin les raisons de son non vote), équivaudrait, selon les donneurs de leçons à ouvrir la voie au fascisme. Et de rappeler qu’Hitler est parvenu au pouvoir, voici ans, de façon tout à fait démocratique. Comme disait le fameux Godwin, quand on a plus d’argument, on invoque les mânes d’Hitler. Rien de tel pour couper les pattes des interlocuteurs.
Qu’on se comprenne. Les injonctions ne s’adressent pas aux électeurs orphelins de Fillon. Il ne viendrait à l’idée de personne de demander à des sympathisants de droite de faire barrage à l’extrême-droite et d’adopter un comportement républicain. On ne trouverait rien à redire si un fort contingent parmi eux votait pour MLP. Il est vrai que, de toute façon, ils sont connus pour n’avoir pas beaucoup de scrupules ni de conscience. Donc, on n’en parle pas.
Il en est autrement pour les électeurs de gauche. Ceux-ci sont sommés de prendre fait et cause, même à reculons, pour le candidat Macron. Ceux qui ont été de tous les combats contre le fascisme et surtout contre le racisme, entendent aujourd’hui les insinuations selon lesquelles ils seraient tenus pour responsables s’ils ne se précipitaient pas dans les bras de M. Macron.

Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy