17 février 2017

Le troisième héritage (7). L'expansion de l'islam



Roger Garaudy avec Salma al Farouki

L'expansion de l'Islam ne saurait donc être expliquée seulement par des causes extérieures telles que l'incontestable affaiblissement, voire
la désintégration, des empires vaincus (Empire romain d'Orient,Empire de la Perse sassanide, Empire wisigoth d'Espagne) et moins encore par des causes uniquement militaires.
L'Empire romain d'Orient et l'Empire perse sassanide, les deux« grands » de l'époque, s'étaient effectivement épuisés dans des
guerres ininterrompues entre eux pour l'hégémonie et la domination du Proche-Orient, notamment de 604 à 628.
Il est vrai aussi que les deux empires rivaux avaient eux-mêmes
introduit les tribus arabes dans leurs affaires en utilisant ces cavaliers
guerriers du désert comme mercenaires pour défendre les « marches
» avancées de leurs Etats.
Les Perses sassanides avaient installé à Hira, tout près de Ctésiphon,
leur capitale, la tribu des Banou Lakhm, dont ils firent une
dynastie arabe, les Lakhmides, qui avaient la charge, comme vassaux,
de guerroyer en permanence contre les Romains. Réciproquement,
les empereurs de Byzance avaient choisi une autre famille arabe, celle
de Ghassan, nomades dans l'actuelle TransJordanie, pour en faire, en
529, les princes ghassanides, convertis bientôt au christianisme
« monophysite » (celui qui refusait de reconnaître la double « nature »
de Jésus), particulièrement populaire de la Syrie à l'Egypte.
Ce furent là des facteurs favorables aux victoires futures des Arabes
musulmans.
Mais les raisons profondes de cette expansion fulgurante qui, au
lendemain de la mort du Prophète, en douze années, de 633 à 645,
permirent d'assurer la suprématie arabe en Palestine, en Syrie, en
Mésopotamie comme en Egypte (cette première vague ne s'arrêtant
que devant des obstacles naturels : les chaînes de montagnes du
Taurus, en Asie Mineure, et celles de l'Iran oriental, et, à l'ouest, les
déserts de Cyrénaïque et de Nubie), furent des raisons internes, liées à
l'essence même de l'Islam.
D'abord l'affirmation radicale de la transcendance de Dieu, en
relativisant tous les pouvoirs, postulait, comme nous l'avons vu, une
égalité de principe entre tous, et devenait donc un ferment de
libération de toutes les oppressions politiques, économiques ou
religieuses. Elle donnait un visage à l'espérance de tous les opprimés.
C'est ce qui explique pourquoi une seule victoire militaire sur
chacun des despotes régnants (Héraclius en 636 pour l'Empire romain
d'Orient ; Yezdégerd après la prise de Ctésiphon, sa capitale, en 637,
pour l'Empire sassanide de Perse; ou, plus tard, en 711, celle de la
poignée de guerriers de Tarik qui triompha du roi wisigoth Rodéric
sur le rio Barbate, en Espagne) fait s'effondrer des empires, comme
l'Empire wisigoth d'Espagne ou l'Empire perse, ou livre aux Arabes
les plus riches provinces de l'Empire romain d'Orient (la Syrie,
l'Egypte et, peu après, toute l'Afrique du Nord).
Dans chaque cas, après la défaite de la caste dominante détestée du
peuple, les Arabes sont accueillis en libérateurs par ceux qui étaient
victimes d'une oppression sociale ou politique ou d'une persécution
religieuse.
Pour les chrétiens monophysites, persécutés comme hérétiques par
l'Empire romain d'Orient, comme pour les chrétiens nestoriens de
Perse, comme pour les tribus berbères — qui avaient soutenu
autrefois les donatistes alors que saint Augustin avait fait appel,
contre l'hérésie, à la répression militaire et policière de l'empereur de
Rome —, comme pour les juifs ou les chrétiens ariens ou priscilliens
d'Espagne harcelés par un clergé fanatique, comme pour les paysans
coptes d'Egypte soumis aux exactions des grands propriétaires terriens
de Byzance, la victoire des Arabes sur leurs maîtres et
oppresseurs fut une délivrance. D'autant plus que leurs «hérésies »,
nées pour la plupart des interprétations hellénisantes de la Trinité,
leur rendaient aisément convaincante la conception islamique de Dieu
et de son unité (tawhid). La sourate 112 du Coran dit :
« Lui, Dieu est un !
Dieu!
L'Impénétrable!
Il n'engendre pas ;
Il n'est pas engendré;
Nul n'est égal à lui... ! »
Tout chrétien, monophysite, nestorien ou arien, pouvait reconnaître,
par-delà les distinguos trop subtils des théologiens, sa propre foi
fondamentale, comme le confirme remarquablement le IVe Concile
[de Latran, tenu en 1215 pour condamner la conception de la Trinité
[ de Joachim de Flore.
Réaffirmant, toujours dans le même langage emprunté aux Grecs,
l'absolue unité de la « substance, essence ou nature divine », il la
définit comme une «suprême Réalité incompréhensible et ineffable
[...] qui seule est principe de toute chose [...] et cette Réalité
n'engendre pas et n'est pas engendrée ».
Monseigneur Duchesne, dans ses études sur la situation de l'Eglise
au Vie siècle en Syrie, cite Michel le Syrien ; « Le Dieu des
Vengeances [...] voyant la méchanceté des Romains qui, partout où ils
dominaient, pillaient cruellement nos églises et nos monastères et
nous condamnaient sans pitié, amena du Sud les fils d'Ismaïl pour
nous délivrer par eux [...] Ce ne fut pas un léger avantage, pour nous,
d'être délivrés de la cruauté des Romains, de leur méchanceté et de
leur colère, de leur cruelle jalousie, et de nous trouver en repos. »
A l'autre pôle de la Méditerranée, en Espagne; il s'agira aussi d'une
libération à la fois sociale et religieuse. Ignacio Olaguë a montré
combien il était invraisemblable que l’Espagne ait été militairement
conquise par une invasion massive des habitants du Hedjaz : « Comment
une poignée de nomades, venus du fond de l'Arabie, auraient-ils
pu imposer leur langue et la loi de l'Islam aux quinze millions
d'habitants vivant sur les six cent mille kilomètres carrés de la
Péninsule ibérique (1) ? »
En revanche, beaucoup plus vraisemblable est l'importance du rôle
des luttes religieuses et politiques en Espagne. En 476, un roi
wisigoth; Euric, rompant avec l'empereur de Byzance, fait de
l'arianisme la religion officielle de toute la Péninsule et, bien qu'en
589, au concile de Tolède, un autre roi, Récarède, abjure I'arianisme,
le problème n'était nullement tranché dans l'esprit du peuple. Si bien
qu'en Espagne, les ariens, les priscillaniens, les gnostiques adhèrent
aisément à l'Islam dont ils se sentent proches.
La victoire de l'Islam en Espagne apparaît ainsi, pour l’essentiel,
comme le résultat d'une « guerre civile ». L'Islam, ralliant les sectes
« unitaires » (celles qui refusent la définition de la Trinité telle qu'elle
a été formulée à Nicée, qui voient en Jésus un prophète, et refusent
donc d'appeler Marie « mère de Dieu »), apparaît, même à l'Eglise
officielle, non pas comme une religion nouvelle mais comme une
« hérésie chrétienne ». C'est ainsi que le considère saint Jean de
Damas (mort en 749), et Dante lui-même ne placera pas Mahomet
parmi les païens, mais parmi les hérétiques, dans le « huitième
cercle » de l'Enfer (chant 28), le même cercle que les papes Nicolas
III,  Boniface VIII et Clément V.
Ces « unitaires », appuyés par quelques tribus berbères du Rif,
n'eurent à engager qu'une unique bataille entre Gibraltar et Cadix
pour l'emporter sur les « orthodoxes ». L'influence des marchands
arabes fut autrement décisive, et surtout l'impact d'une idée-force
comme celle de l'Islam, puis l'envoi de quelques chefs arabes et,
finalement, la grande politique d'islamisation d'Abd al Rahmân, le
prince omeyyade qui, fuyant Bagdad, arriva en Espagne en 756,
quarante-cinq ans après « la » bataille.
L'orientaliste Dozy, dans son Histoire des musulmans d’Espagne
(t. II, p. 43), écrivait : « La conquête arabe fut un bien pour
l'Espagne : elle produisit une importante révolution sociale, elle fit
disparaître une grande partie des maux sous lesquels le pays gémissait
depuis des siècles [...] Les Arabes gouvernaient selon la méthode
suivante : les impôts étaient tout à fait réduits par rapport à ceux dés
gouvernements précédents. Les Arabes enlevèrent aux riches la terre
qui, partagée en immenses domaines de la chevalerie, était cultivée
par des fermiers serfs ou des esclaves mécontents, et la répartirent
également entre ceux qui travaillaient le sol. Les nouveaux propriétaires
la travaillèrent, pleins de zèle, et en obtinrent de meilleures
récoltes. Le commerce fut libéré des limitations et des lourdes taxes
qui l'écrasaient et se développa notablement. Le Coran autorisait les
esclaves à se racheter moyennant un dédommagement équitable, et
cela mit en jeu de nouvelles énergies. Toutes ces mesures provoquèrent
un état de bien-être général qui fut la cause du bon accueil fait au
début de la domination arabe »
L'expansion de l'Islam ne prit pas, le plus souvent, la forme d'une
invasion, moins encore d'une colonisation. Blasco Ibanez le proclame
dans A l'ombre de la cathédrale : « L'Espagne, esclave de rois
théologiens et d'évêques belliqueux, recevait à bras ouverts ses
envahisseurs [...] En deux années les Arabes s'emparèrent de ce que
l'on mit sept siècles à leur reprendre. Ce n'était pas une invasion qui
s'imposait par les armes, c'était une société nouvelle qui poussait de
tous côtés ses vigoureuses racines. Le principe de la liberté de
conscience, pierre angulaire sur laquelle repose la vraie grandeur des
nations, leur était cher. Dans les villes où ils étaient les maîtres, ils
acceptaient l'église du chrétien et la synagogue du juif. »
Si l'on cherchait à exprimer le caractère de cette expansion dans le
vocabulaire de la politique contemporaine, on pourrait parler d'une
« crise révolutionnaire », c'est-à-dire d'une mutation sociale née du
renversement d'un système social périmé, allant au-devant des
aspirations populaires et en libérant des possibilités nouvelles (grâce
notamment à une réforme agraire). Dans une telle guerre, l'arme
principale n'est pas militaire, mais économique, politique et sociale, et
porteuse d'une forme nouvelle de culture. Dans le cas de l'Islam,
c'est, je le répète, indivisiblement, une foi nouvelle et une nouvelle
communauté.
Le deuxième trait de l'Islam, qui explique sa rapide pénétration,
c'est son ouverture et sa tolérance. Le Coran commandait déjà de
respecter et protéger lés « gens du Livre » (c'est-à-dire de la Bible),
juifs et chrétiens, héritiers eux aussi de la foi d'Abraham (Ibrahim)
qui était la référence commune. Cette tolérance s'étendit d'ailleurs
aux zoroastriens de Perse et aux hindous, si bien que, lorsque
s'instaura en Perse la domination arabe, seul un très petit nombre de
zoroastriens émigrèrent en Inde où leurs descendants constituent,
aujourd'hui encore, les communautés « parsies ». Seuls les polythéistes
furent systématiquement combattus.
L'acceptation de ceux des juifs, et plus encore des chrétiens, qui
refusaient de se convertir à l'Islam, et la confiance en eux étaient telles
qu'ils pouvaient accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat : le grand-père
de saint Jean Damascène, Ibn Sarjoun, fut le premier ministre du
calife omeyyade de Damas, et à saint Jean Damascène lui-même fut
confiée par le calife la direction de l'administration financière de
l'Empire à Damas. Cet esprit d'ouverture subsista après 750 avec les
abbassides de Bagdad : lorsque le calife Al Mamoun créa, en 832, la
« Maison de la Sagesse », avec son université et son observatoire, il
confia la direction de ce centre de la culture de son empire à un
médecin chrétien nestorien, Hunayn ibn Ishaq.
Cette attitude nous permet de rétablir, dans son vrai sens et sa vraie
perspective, le djihad.
Il est de tradition, chez les Occidentaux, de traduire djihad par
« guerre sainte », c'est-à-dire guerre entreprise pour la propagation
de l'Islam. Le rédacteur de l'article « Djihad » dans l' Encyclopédie de
l'Islam, l'orientaliste D. B. Macdonald, commence par affirmer :
« L'expansion de l'Islam par les armes est un devoir religieux pour
tous les musulmans. »
Or, djihad ne signifie pas « guerre » (il existe un autre mot pour
cela : narb), mais « effprj » sur le chemin de Dieu. Le Coran est
parfaitement explicite : « Pas de contrainte en matière de religion »
(11,256).
Tous les textes que l'on a invoqués pour faire de l'Islam un
épouvantait, une « religion de l'épée », ont été invariablement
séparés de leur contexte. On a, par exemple, appelé «verset de
l'épée » le verset 5 de la IXe sourate en en détachant « tuez les
polythéistes partout où vous les rouverez » précédent
(IX,4) qui précise qu'il s'agit de combattre ceux qui ayant conclu un
pacte l'ont ensuite violé ou ceux qui prétendent empêcher les
musulmans de professer et de pratiquer leur foi.
En un mot, si la guerre n'est pas exclue, elle n'est acceptée que pour
la défense de la foi lorsque celle-ci est menacée, et non pas pour la
propagation de la foi par les armes.
La guerre ne se justifie, selon le Coran, que lorsqu'on est victime
d'une agression ou d'une transgression, actes que les musulmans eux-mêmes
s'interdisent formellement s'ils obéissent au Coran :
« Combattez dans le chemin de Dieu
ceux qui luttent contre vous.
Ne soyez pas transgresseurs ;
Dieu n'aime pas les transgresseurs » (H,190).
La lutte armée pour celui qui pratique le djihad (le mudjahid) n'est
que l'aspect second du djihad. Un hadith célèbre distingue le « petit
djihad », c'est-à-dire la défense de la foi par la force contre un ennemi
extérieur qui la menace ou la persécute, et le « grand djihad » qui est
le combat intérieur pour vaincre notre égoïsme, maîtriser nos instincts
et nos passions, pour laisser toute la place à la volonté de Dieu.
Le grand djihad est une lutte contre soi, contre les tendances qui
tirent l'homme loin de son centre, ce qui, en entraînant vers des
désirs partiels, le conduit à se faire des « idoles » et, par conséquent,
l'empêche de reconnaître l'unité de Dieu..Cette « idolâtrie » est plus
difficile encore à vaincre que celle des idolâtres de l’extérieur.
Il y a là, aujourd'hui encore, une grande leçon pour beaucoup de
«révolutionnaires » qui prétendent tout changer, sauf eux-mêmes,
comme autrefois tant de « croisés » qui, à Jérusalem, dans l'Espagne
de la « Reconquista », ou contre les Indiens d'Amérique, voulaient
imposer aux autres un christianisme qu'ils bafouaient en chacun dé
leurs actes.
Séparer la vie extérieure de la vie intérieure, c'est se condamner à
ne propager, sous le nom de christianisme ou de socialisme, que des
idolâtries sanglantes.
L'un des exemples les plus éclatants de la réalisation humaine de ce
double djihad est celui de l'émir Abd el-Kader, qui ne fut pas
seulement le grand chef de guerre, qui organisa pendant quinze ans,
contre un envahisseur disposant de moyens militaires sans commune
mesure avec les siens, la résistance armée pour la défense de son
peuple et de sa foi, mais qui fut aussi l'un des plus grands mystiques du
siècle, disciple d'Ibn Arabi auquel il était lié par filiation initiatique.
Dans son Livre des étapes, il médite sur l'enseignement fondamental
des soufis de l'Islam : la réalité profonde des créatures, c'est Dieu, et
Dieu n'est pas seulement l'Etre, mais aussi tous les possibles non
manifestés et l'acte de liberté qui les engendre. Exilé à Damas par le
gouvernement français, lors des émeutes xénophobes de 1860, il
prend sous sa protection et sauve du massacre les 14000 chrétiens de
Damas. Le pape même lui conféra Tordre de-Pie IX. Cette haute
figure chevaleresque écrivait, dans son Livre des étapes ces lignes si
caractéristiques de l'ouverture de l'Islam : « S'il te vient à l'esprit que
Dieu est ce que professent les différentes écoles islamiques, chrétiennes,
juives, zoroastriennes, ou ce que professent les polythéistes et
tous les autres, sache qu'en effet II est cela, et qu'il est, en même
temps, autre que cela1 . »
Cette haute conception du djihad, de l'effort sur le chemin de Dieu,
s'exprime d'une autre manière encore dans le rôle que joue le
« martyre » dans la perspective du mudjahid de l'Islam. Un théologien
musulman iranien, qui lutta dans le mouvement religieux contre
le despotisme dès 1960, M . Motaharri, dans son livre Shahid (témoin,
martyr) de 19772, définit le martyre par deux caractéristiques
fondamentales : le « martyr », le « témoin », affronte la mort au nom
d'une cause sacrée ; il le fait en pleine connaissance du risque :
« Ne crois surtout pas
que ceux qui sont tués
dans le chemin de Dieu sont morts.
ils sont vivants! » (Coran 111,169).
Ce sacrifice du martyr peut intervenir dans un combat où l'on
pouvait espérer triompher, comme ce fut le cas dans la bataille
d'Ohod, livrée par le Prophète, et à laquelle se rapporte ce verset du
Coran ; ou bien ce peut être une mort délibérément acceptée avec la
certitude de la défaite immédiate. Le modèle de ce martyre, dans
l'Islam shi'ite, est celui d'Hossein, le petit-fils du Prophète^ tué à la
bataille de Kerbéla. Le martyre a ici une autre signification : par-delà
la défaite et la mort, parce qu'il est un témoignage au nom de la vérité
et de la foi, il est en lui-même une contribution à la victoire de cette
vérité et de cette foi. Le cri de « Allah akbar » (« Dieu est plus
grand »), qui a fait se lever en Iran des millions d'hommes et de
femmes aux mains nues, face à une armée américanisée, et à vaincre
cette armée au prix du martyre de tant d'hommes de foi, traverse
toute l'histoire de l'Islam. Il a donné l'espérance et le courage
d'affronter les oppressions et les persécutions depuis les premiers
combats du Prophète jusqu'à l'insurrection du mahdi du Soudan
contre les mitrailleuses anglaises à la fin du xixe siècle, et à l'héroïsme
des mudjahids algériens, une fois encore, contre des forces militaires
infiniment supérieures mais qui vit la victoire de la foi sur les armes.
Le théologien musulman Ali Shari'ati, l'un des inspirateurs de la
résistance à l'oppression en Iran, écrivait en 1972 que le martyre n'est
pas une dimension de l'Islam, mais son essence même, unissant
indivisiblement la résistance à l'ennemi extérieur de la foi, et la lutte
intérieure contre les plus animales vibrations, en nous, de l'égoïsme et
de la peur.
En essayant ainsi de rendre compte des raisons profondes de
l'expansion musulmane, et en même temps de dégager la notion de
djihad de ce qu'ont accumulé contre elle des siècles de fanatisme antiislamique,
de colonialisme et de préjugés racistes, nous ne voulons pas
idéaliser l'Islam historique, mais simplement rappeler qu'en son
principe même il exclut la Croisade et l'Inquisition, tout comme le
christianisme les exclut en son principe même, bien que ce soient des
chrétiens, leurs rois très chrétiens, leurs clergés et leurs papes, qui en
aient accompli les forfaits, du sac de Constantinople et des massacres
de Jérusalem aux bûchers de Torquemada en Espagne, et au génocide
des Indiens d'Amérique.

Roger Garaudy, Promesses de l'Islam                        >> A SUIVRE ICI >>

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Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy