2 avril 2013

La compartimentation des rapports humains

 

Le vicié contexte du bourgeoisisme


"Il n’y a pas de rapports humains, dit Camille Loty Malebranche, il n’y a que des relations par compartimentations dans la horde de débiles qu’est la collection de pitoyables complexés qu’est la société bourgeoise, société grotesquement cloisonnante, bêtement ostracisante et crapuleusement inhumaine par son fonctionnement où l’homme est chose définie par ce qu’il a et consomme. »


Michel Peyret
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Relations humaines et rapports par compartimentations.
10 mars 2013
Par Camille Loty Malebranche


J’appelle compartimentation des rapports humains, cette systématique destruction des vraies valeurs spirituelles, intellectuelles et morales auxquelles est grivoisement substitué l’apparat économique, médiatique, l’artifice institutionnel pour forclore l’émancipation des individus par une individuation idéologique qui les claustre dans leur individualité rendue figement d’égoïsme mesquin, course ignoble, frénétique à la compétition, détestation d’autrui perçu comme preneur de place et rival à évincer. La compartimentation des rapports humains nourrit la frénésie d’accumulation matérielle, l’obsession de thésaurisation de titres et de privilèges pour remplacer comme par réflexe vicieux compulsif, le fatum humain des relations authentiques dans le vicié contexte de singeries démocratiques propre au bourgeoisisme.
Quand toute une société bricole la vacuité des rapports humains, corrompt, dénature et efface les relations interpersonnelles en subordonnant tout à l’intérêt matériel et aux codes systémiques en conditionnant l’amitié et l’amour par les vétilles monstrueuses de l’apparat institutionnel via les vulgarités inessentielles de l’avoir, ses radotages sur la morale et la justice, ses manières pudibondes de faire croire à la pudeur des valeurs là où trône la prostitution, ne sont que surcroît d’abomination pour se conserver dans sa putréfaction, se maintenir dans sa vanité impure. Quand une société en arrive à mesurer l’amour, l’amitié, le respect, l’estime par l’avoir et l’extrinsèque des privilèges ou signes d’assimilation institutionnelle, c’est qu’elle n’est ni humaine ni même animale et que sa stercorale monstruosité, sa misère mentale d’ombres gesticulatoires est sur la route de l’irréversibilité irrémédiable.
Il n’y a pas de rapports humains, il n’y a que des relations par compartimentations dans la horde de débiles qu’est la collection de pitoyables complexés qu’est la société bourgeoise, société grotesquement cloisonnante, bêtement ostracisante et crapuleusement inhumaine par son fonctionnement où l’homme est chose définie par ce qu’il a et consomme. Tout cela selon un code de faux repères, de mimétisme de valeurs inexistantes, à travers un véritable terrorisme de l’extrinsèque. Société si déshumanisée et déshumanisante, qu’elle se cache derrière l’arrogance débile de l’accumulation avec le pouvoir obscur qui en vient. Société qui tisse des consécrations par des institutions idéologiques qu’elle produit en signes spéculaires pour éviter de se regarder dans toute sa spectrale hideur!
Le mérite, dans un tel contexte de tant d’insanités programmées, inculquées et enseignées formellement et informellement, ne peut être que pur mensonge que racontent des dégénérés à eux-mêmes. Réduire ainsi les hommes à l’extériorité qui n’est même pas contingence mais simple choix socioéconomique et grivoise de civilisation, constitue un anthropocide permanent, une interdiction à vivre en humain. Car le véritable humain se reconnaît digne ou indigne, par ce qu’il porte et dégage pour s’être dûment construit, travaillé et non par ce qu’une société lui applique, ce que quelques-uns impriment aux individus pour les tuer à jamais à toute possibilité d’humanité.
Les ombres mimétiques anthropomorphes sont si méprisables, qu’elles inventent des cloisons et prisons misérablement matérialistes sans contour – ce qui rend leurs carcans d’aliénation multiple encore plus subtils et plus efficaces dans le mal – où ces anthropomorphes s’ingénient à exclure, à exploiter et à  torturer leurs semblables. Elles choisissent d’étayer l’incommunication par des codes de flagornerie ou de tyrannie selon ceux à qui ils ont rapport, selon les clés lugubres et diaboliques d’une idéologie du bourreau-flatteur, idéologie macabre de fausse classification procédant soit par l’avoir soit par repères institutionnels.L’Homme est personnalisation évolutive cheminant dans l’individualité évoluante, évolution consciente vers la plénitude de personne dans un mitsein axiologique spirituel, intellectuel et moral. L’Homme est nécessité d’ouverture ontologique et donc le contraire de toute vulgaire compartimentation matérialiste. De sorte que toute société qui érige des tours artificielles contre les rencontres véritablement humaines et bloque la fondation des familles d’Esprits, devrait être proscrite, démantelée.
C’est maintenant l’heure salvatrice de la distanciation-conatus, car l’Homme de la société dégénérée, dénaturée-dénaturante, ne peut garder un tant soit peu d’humanité ni même continuer à se reconnaître une essence humaine, qu’en se regroupant dans de saines familles d’Esprits, de sélectes communautés axiologiques spirituelles, intellectuelles agissantes et créatrices, tout en se distanciant à marges suffisantes de la nocuité agressive et invasive du social infect, anthropocide.

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Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy