30 juin 2011

La chari'a est une voie pas une loi



Circulant sur le net, et envoyé par un lecteur, Hakim, cette conversation avec Roger Garaudy, haute conscience spirituelle et homme de paix, cible, en France, de campagnes mediatico-judiciaires insupportables pour s'être un moment égaré au-delà de son domaine de compétence, mais respecté dans le reste du monde comme une des dernières lumières brillant dans le ciel provisoirement obscurci de la France "bling bling".
(Extraits)

- Vous dites que vous restez à la fois chrétien et marxiste; parmi les philosophes européens du XXème siècle, y a-t-il d'autres personnalités dont vous vous sentiez proche? (...)

Mon maître Gaston Bachelard était au-dessus de tous les autres. Dans ses méditations parallèles sur la théorie de la connaissance et sur la création poétique il a contribué de façon décisive à la philosophie de l'acte contre les philosophies de l'être.
Déjà Emmanuel Kant combattait les philosophies de l'être, qui, malheureusement, malgré sa critique radicale, sont devenues des cauchemars dans le vide pour Sartre et Heidegger.
Mais Bachelard a en outre ébauché une philosophie non cartésienne à partir de l'étude l'histoire des sciences, dont il fait un vaste poème de la création continue ; il appréhende cette vérité également à travers les arts, le rêve éveillé, la création poétique.

- Votre livre porte donc sur l'esthétique, ce rameau d'or de la philosophie, ce domaine merveilleux où vous aviez tellement fait, dans les années 1970, pour empêcher les communistes de sombrer dans l'académisme policier ? (...)

- (...) L'art a toujours été le chemin le plus court pour rapprocher les hommes, mais il ne doit pas donner lieu à une idolâtrie, se substituer à l'exigence de création sur tous les plans, qui va bien au-delà de telle ou telle réalisation classée comme artistique.
Dans mon cas, la réflexion sur les arts non-occidentaux, qui ne prétendent jamais refléter ou commenter le monde, mais se projeter comme captation d'énergie et invention mythologique, a toujours été rattachée à la réflexion sur la pensée scientifique, depuis le début du XXème siècle, depuis la relativité et les quanta jusqu'à la biologie génétique ou l'astrophysique ; j'ai toujours rêvé de prolonger le parcours de Bachelard jusqu'au point où les deux types d'aventure spirituelle se rejoignent, pour voir dans l'invention scientifique un cas particulier de la création poétique, celui qui peut être soumis à la vérification expérimentale.

- L'un des moments de votre biographie qui a le plus irrité vos confrères, si je puis dire, a été votre conversion à l'islam, après votre expulsion des rangs du Parti communiste français en 1973. En Occident on ne comprend pas, par exemple, pourquoi l'islam traditionnel a refusé la représentation dans les arts plastiques ; et cet ascétisme visuel musulman semble tellement contradictoire avec votre appétit de représentation, ce que vous appelez le réalisme.

Le puritanisme n'est pas une dimension décisive de l'islam, c'est une de ses tendances locales à certaines époques, et en matière artistique, le monde musulman déborde d'imagination pour faire comprendre les structures dynamiques de l'univers, ce qui est éblouissant dans l'architecture inspirée par l'islam.
Il faut encore combattre la vision biaisée de la spiritualité musulmane, parfois relayée en Occident par les musulmans eux-mêmes.
L'islam ne prétend pas être une religion nouvelle, il n'est pas né avec la prédication du Prophète. Allah n'est pas un dieu régional, qui appartiendrait aux Arabes.
Allah veut dire « le dieu », et les chrétiens de langue arabe invoquent Allah. « Islam » implique que l'on s'abandonne volontairement et librement à Dieu seul ; cette attitude est le dénominateur commun de toutes les religions, depuis le premier homme auquel «Dieu a insufflé son esprit » (Coran XV, 29).
Le Coran dit ceci :
« Mohammed n'est qu'un prophète : d'autres prophètes ont vécu avant lui » (III, 114) ; et Mohammed lui-même ajoutait : « Je ne suis pas un innovateur parmi les prophètes » (XLVI, 9).

- Vous expliquiez dans votre "Tour du siècle en solitaire" , que vous vous êtes affilié à l'islam parce que c'est « la religion dominante parmi les dominés », et parce que, en tant que communiste qui aviez été déporté au Sahara algérien, en 1941, vous aviez eu l'occasion de ressentir dans votre chair la grandeur de la civilisation arabe. Considérez-vous que l'islam est une religion qui a moins vieilli et qui est moins pervertie que d'autres ?

L'islam souffre de phénomènes de décadence comme toutes les religions qui ont atteint le stade de l'institutionnalisation dans un contexte qui n'existe plus.
Le propre de l'islam, c'est une dimension philosophique qui est moins perceptible dans d'autres religions, c'est une vision dynamique du monde.
Dans le Coran, ce dynamisme découle de l'incessante action créatrice de Dieu. Il est appelé « créateur par excellence », « celui qui ne cesse de créer » (XXXV, 81), « celui qui est présent dans toute chose nouvelle » (LV , 29). Cette création continue maintient l'existence de toutes les choses (II, 255).
A la différence de ce qui est dit dans la Genèse , Il ne se repose jamais, « Il commence la création et la recommence » (X, 4).
C'est pourquoi l'islam a un potentiel extraordinaire pour comprendre et guider le monde moderne ; la sharia coranique nous donne les principes directeurs pour la recherche des moyens d'une modernité différente de la modernité à l'occidentale.
Les juristes du passé ont donné l'exemple de cette recherche, en faisant l'effort nécessaire ( itjihad ) pour résoudre les problèmes de leur temps ; chacun de nous est personnellement responsable de l'observation de cet esprit.
Il faut tout d'abord passer d'une société fondée sur le profit, le monothéisme du marché, à une société fondée sur de véritables valeurs.

- Mais la sharia n'est-elle pas justement le cadre pétrifié du légalisme maniaque qui caractérise les sociétés musulmanes les plus enkystées ?

Le terme sharia n'apparaît qu'une fois dans le Coran (45, 18) et il y a trois autres versets où figurent des termes de même racine ; le verbe shara'a (42, 13) et le substantif shir'a (5, 48). Ceci permet une définition précise : il s'agit d'une voie, et on nous précise que « en matière de religion Mohammed vous a ouvert une voie (le verbe shara'a est utilisé) qui avait été recommandée à Noé, la voie même que nous avions révélée, que nous avons recommandée à Abraham, à Moïse, à Jésus : suivez-la et ne faites pas de celle-ci un objet de division ».
Il est donc évident que cette voie est commune à tous les peuples, auxquels Dieu a envoyé ses prophètes (à Tous les peuples, et dans la langue propre à CHACUN d'eux).
Mais il se trouve que les codes juridiques concernant le vol et le châtiment approprié, le statut de la femme, le mariage ou l'héritage sont différents, selon la Torah juive, les Evangiles chrétiens ou le Coran.
La sharia, loi divine pour aller vers Dieu, ne saurait donc inclure ces législations ( fiqh ), qui diffèrent selon l'époque et la société dans lesquelles un prophète a été envoyé par Dieu.
Dieu dit dans le Coran (13, 38) : « à chaque époque correspond un livre », et aussi :(35, 24 et 16, 36).


- (...)Vous avez créé une fondation « Pour le dialogue des cultures » à Cordoue, en Espagne, et vous y avez inauguré une bibliothèque qui offre les trésors du soufisme, en version papier et en version numérique, où s'est tenu un colloque international sur Ibn Arabi, et où se multiplient conférences et expositions. Vous êtes en fait un continuateur de la tradition mystique de Al Andalus, cet âge d'or où l'Andalousie et le Maghreb étaient les facettes complémentaires d'une même civilisation des deux côtés de la Méditerranée. Cette tradition mystique s'est perpétuée dans les lettres espagnoles, de saint Jean de la Croix , jusqu'à Maria Zambrano, Juan Goytisolo, Antonio Gala. Mais vous luttez aussi contre l'intégrisme musulman ?

Bien sûr ; il faut encore et toujours combattre la prétention d'« appliquer la sharia divine » telle que définie dans le Coran, en la confondant avec le fiqh , ses applications humaines et variables selon les contextes ; certains juristes ont fait des interprétations des commandements qui ont été biaisées par les injonctions du pouvoir, c'est là la maladie principale de l'islam.
L'islam a tout à fait raison de rejeter la décadence de l'occident et l'hypocrisie sous-jacente à l'idolâtrie des « droits » ; il faut rejeter le néocolonialisme et la collaboration avec le monothéisme du marché que prétendent imposer les Etats-Unis et ses vassaux occidentaux à travers les diktats du FMI. La loi divine, la sharia , est ce qui unit entre eux les hommes de foi ; or prétendre imposer aux hommes du XXI ème siècle une législation du VII ème siècle et qui valait pour l'Arabie, est une œuvre de division qui donne une image fausse et repoussante du Coran, c'est un crime comme l'islam. Le littéralisme est un symptôme de paresse intellectuelle.

- (...) Le procès de Charlie Hebdo a été l'occasion pour la classe politique de réaffirmer qu'on a le droit de donner une vision caricaturale de l'islam, sans être accusé d'encourager l'islamophobie ; au même moment, toute critique de l'Etat d'Israël, ou la moindre charge humoristique sur des gens qui se réclament du judaïsme, vous vaut en France, et ceci plus que dans n'importe quel autre pays au monde, un procès pour incitation à la haine. Qu'en pensez-vous ?

La diabolisation de l'islam est une catastrophe, mais j'ai une grande confiance dans la sagesse des musulmans.
Je continue à distinguer la religion juive qui comporte des éléments respectables, et qui a donné leurs valeurs universelles à de hautes personnalités dont certaines ont été mes amis, comme Bernard Lecache, fondateur de la LICA , de la critique de la politique israélienne : c'est cette politique et les déclarations délirantes de ceux qui la soutiennent, qui fabriquent l'antisémitisme, incontestablement. Et j'ai d'ailleurs gagné un procès contre la LICRA en 1982 !

- Dans quel pays voyez-vous des signes solides de résistance à la globalisation USienne ?

La Russie et le monde musulman sont « condamnés à être des alliés stratégiques », comme l'a dit le président de la Douma et secrétaire du parti communiste russe, « à partir du moment où ils ont également intérêt à éviter l'hégémonie états-unienne."
Ce rapprochement concerne aussi la Chine , pour les mêmes raisons.
Le problème aujourd'hui est de savoir si la Russie parviendra, au plan intérieur à se débarrasser de la maffia américano-sioniste qui en faisant main basse sur son économie au profit des spéculateurs, veut l'intégrer dans l'américanisation générale du monde. Il faut, une fois débarrassée de cette pieuvre, que la Russie rétablisse des liens fédéraux et fraternels, avec la Biélorussie et l'Ukraine, et les républiques de l'Asie centrale.
De la sorte, la Russie renouera avec son rôle traditionnel dans la restauration de l'unité symphonique du monde, contre les hégémonies, contre la scission du monde entre nord et sud, contre l'arasement des identités et des cultures.

- Percevez-vous en Amérique latine, (...) qui a retrouvé un élan bolivarien dans l'affrontement avec les Etats-Unis, une force spirituelle particulière ?

Bien sûr, car depuis les années 1960, l'Amérique latine est à l'avant-garde de la rénovation de la pensée chrétienne, qui a été entreprise par Jean XXIII. L'encyclique « Gaudem et spes » reste le texte prophétique de l'époque.
(...) Nelson Rockefeller, envoyé par Nixon pour observer le sous-continent le disait : « Les changements structurels dans la communication et l'éducation font de l'Eglise une force de changement décisive, et de changement révolutionnaire s'il le faut »
L'Amérique latine a donné des martyrs, Camilo Torres le Colombien, les dominicains torturés frère Betto et Tito de Alencar, au Salvador Mgr Romero et les six jésuites assassinés dans leur dortoir ; elle a donné aussi d'excellents théologiens, dont Ignacio Ellacuria, jésuite salvadorien assassiné, Leonardo Boff, Jon Sobrino, Hugo Asmann, Juan Luis Segundo, Rubén Alves, et le père de la théologie de la libération, Gustavo Gutiérrez ; mon grand ami l'évêque de Recife dom Helder Camara a donné un formidable élan à beaucoup d'autres.
Comme l'écrit Enrique Dussel, la théologie de la libération est « un moment réflexif de la prophétie, qui naît de la réalité humaine, sociale, historique, destinée à penser, à partir d'une vision d'ensemble du monde, des rapports d'injustice exercés depuis le centre en direction de la périphérie des peuples pauvres. »
Et les pauvres sont le lieu théologique par excellence d'où l'on peut comprendre la révélation divine qui a été faite aux hommes, et pour appréhender le sens du salut critique.

- Dans votre livre figure aussi une forte condamnation du Vatican. Peut-on affirmer que vous rejetez toutes les religions sous leur forme institutionnelle ? Les religions africaines, en pleine renaissance, sont absolument décentralisées...


Au contraire, il ne s'agit pas de rejeter les religions qui se servent du mot « Dieu » dans son sens traditionnel, c'est-à-dire avec ses attributs de pouvoir et d'extériorité, mais de considérer chacune avec respect ; de voir dans leurs croyances propres et leurs rituels une expression symbolique de la recherche du divin, du salut des êtres humains, de tous les êtres humains, de leur accès à la plénitude par participation dans une totalité vivante, créatrice incessamment, dont chacun, à son échelle, est responsable.
Aucune religion ne doit avoir la prétention de monopoliser l'absolu. Elles ne sont pas rivales mais complémentaires.
Il faut ajouter aux apports des théologies de la libération en Amérique du Sud et du Centre, à la renaissance de l'islam dans la mesure où il retrouve son universalisme matinal, la prise de conscience des valeurs traditionnelles de l'Afrique, qui agonise depuis des siècles par l'effet redondant de l'esclavage, du pillage colonial, de la spéculation de capitalistes étrangers.

- Vous n'êtes pas seul dans votre tentative pour harmoniser une politique de justice sociale étendue au monde entier avec les valeurs les plus universelles, dont les religions veulent être les conservatoires. La sensibilité écologique, née dans le climat de ferveur spirituelle allemande des années 1930, a souvent cette tonalité exaltée, panthéiste. Pensez-vous aussi que sur ce terrain l'Occident a perdu l'initiative de l'imagination, comme semble l'indiquer la teneur des grandes conférences mondiales pour la préservation de l'écosystème ?


Il faut commencer par reconnaître la riche unité entre la nature, l'humain et le divin.
C'est à partir de ce que j'appelle la « civilisation des tropiques » que peut naître un monde nouveau, plus que de toute autre source ; nous n'avons le choix qu'entre le suicide planétaire, si nous continuons à obéir aux lois actuelles de la domination américaine, et une authentique résurrection.
L'entreprise conjointe de la Chine et de l'Iran, de construire un pont euro-asiatique, est fondamentale, et ils associent déjà à leurs projets l'Amérique latine et l'Afrique.

- Face à ce que vous appelez le « suicide planétaire », comment la « civilisation des tropiques » peut-elle rayonner ?

Il faut lire les Brésiliens, Gilberto Freyre le fondateur, avec son livre "L'Homme, la culture et les tropiques", et lire Bautista Vidal, qui parle du « défi amazonien », puis Sergio de Salvo Brito, qui a prouvé qu'il est possible de fonder une civilisation mondiale basée sur des ressources énergétiques renouvelables, ce qui n'est pas en réalité un problème de technologie, mais de géopolitique.
Voilà la civilisation alternative à l'actuelle anti-civilisation basée sur la croissance, qui n'est que la croissance des profits, ce qui entraîne pillage des ressources énergétiques, et distorsion actuelle de la politique internationaleautour du pétrole. (...)

- Des raisons d'espérer, devant le « naufrage du vaisseau Terre » qui se prépare ?

En choisissant de faire reposer leur prospérité sur des sources d'énergie non renouvelables, les maîtres (provisoires) du monde ont condamné eux-mêmes leur domination à être éphémère.
Le pétrole peut leur accorder encore une vingtaine d'années mais guère plus, même si de nouveaux gisements exploitables étaient découverts, et à condition de continuer à exclure les deux tiers du monde de la consommation orgiaque que pratiquent les sept pays les plus riches au monde.
Trois mesures peuvent être décisives : d'abord, que les dirigeants des pays producteurs de pétrole vendent celui-ci en monnaie locale, de façon à générer des phénomènes en chaîne qui pulvérisent l'hégémonie du dollar ; ensuite, que l'Assemblée générale de l'ONU oblige les Etats-Unis à payer sa propre dette, qui est la plus monstrueuse au monde; et enfin, il faut taxer de façon drastique la spéculation financière.
Tout cela est possible si apparaissent de nouveaux centres de pouvoir qui s'appuient sur les peuples.
Car cinq siècles de colonisation et un demi-siècle de dégâts causés par le FMI n'ont pas détruit, dans le cœur des multitudes, le sentiment de la dignité, de la communauté, et du don de soi-même, dont la victoire de Gandhi, malgré son martyre final, reste, encore et toujours, l'exemple éblouissant.

http://www.lemondereel.fr/libertepourlhistoire.html#gar

27 juin 2011

Liberté pour l'histoire

- Dans un pays démocratique, il ne peut y avoir de vérité historique officielle.
- Le prestigieux collectif d'historiens, qui refuse toute définition de l'Histoire par la loi, par les "politiques", et par l'Etat, dénonce le texte voté par l'Assemblée Nationale sur le génocide arménien, et la responsabilité de la Turquie. - Comme il avait refusé, auparavant, le principe même de la "loi Gayssot", et tous les textes de la même eau.

L'association "Liberté pour l'Histoire" proteste contre le vote d'une proposition de loi qui vise à réprimer la négation du génocide arménien, en accusant l'Assemblée nationale de vouloir "soumettre la recherche et les enseignants" aux "vérités officielles qu'elle édicte".
"Si profond que soit le sentiment de solidarité que nous éprouvons pour les victimes de l'histoire", souligne l'association, "nous élevons une protestation solennelle: cette nouvelle loi s'inscrit dans un mouvement rapide d'appropriation de l'histoire par des mémoires particulières et de recul des libertés démocratiques".

"Si le Sénat devait confirmer le vote de l'Assemblée, nous demanderions au président de la République de saisir le Conseil constitutionnel (...) pour qu'il annule la loi du 29 janvier 2001, modifiée par la loi adoptée le 12 octobre 2006 par l'Assemblée nationale".

"La France est engagée dans un processus accéléré de lois établissant des vérités d'Etat sur le passé", déplore l'association. "Alors même que le président de la République a déclaré que "ce n'est pas au Parlement d'écrire l'histoire", le vote d'une nouvelle loi sur le génocide arménien constitue une véritable provocation".

"En repoussant un amendement qui visait au moins à préserver de la censure et de la répression la recherche universitaire et scientifique, l'Assemblée nationale vient d'ôter le masque: ce ne sont pas d'éventuels "troubles à l'ordre public" qu'elle entend empêcher par ces lois, c'est bien la recherche universitaire et tous les enseignants qu'elle veut (...) soumettre aux vérités officielles qu'elle édicte", affirment les signataires.

L'association regroupe quelque 600 historiens et enseignants, dont les plus réputés, les plus intègres: Mona Ozouf, Pierre Nora ou Jean-Pierre Azéma, par exemple. Elle est née d'une pétition, "Liberté pour l'histoire!", lancée en décembre 2005, par de très nombreux universitaires se rebellant contre "les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé "
Liberté pour l'histoire" : libertepourlhistoire@wanadoo.fr

Rappel de LA NAISSANCE DE "LIBERTE POUR L'HISTOIRE"
" C'est dans une atmosphère surréaliste que l'appel "Liberté pour l'histoire ", publié hier mardi 13 décembre, a été mis en page à Libération. Dans des locaux... en grande partie occupés par les salariés en lutte, Serge July, traînant en soufflant sa volumineuse carcasse et ses rictus d'orgueil bouffi à la Daumier pour arracher les affichettes de la colère, a dû se résoudre à trôner au Comité de rédaction... sous une banderole du Comité d'Entreprise demandant ouvertement sa tête! : " Externalisons...La direction! "
Libération n'en a pas moins publié " Liberté pour l'histoire ".
Cet appel des historiens, qui est un grand texte, fera date aussi sur le fond.
Il met fin, de façon radicale, à la douteuse " Opération Repentance ", visant à asservir l'histoire aux objectifs à court terme des réseaux d'influence pro-Israéliens dans l'intelligentsia française. Ou ce qu'il en reste...
Mais lisons le document lui-même:
" Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :
- L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
- L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.
- L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui
- L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.
-L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire.
C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives - notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 - ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.
Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique."
Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock. "
(Plus de 700 historiens professionnels se sont joints, depuis, à cet appel.

- Rappelons que, parmi les grands esprits injustement voués aux gémonies, et condamnés en justice, auquel fait pudiquement allusion ce texte, se trouve l' intellectuel français Roger Garaudy, chrétien communiste converti à l'Islam...Au cours de son procès - indigne...- Maître Jacques Vergès, l'avocat qu'il avait désigné pour moucher Goldnadel l'extrémiste franco-israélien, son adversaire, avait dénoncé, avec une juste violence, le caractère "raciste" de la loi Gayssot, qui sanctionnait le travail d'investigation critique sur la Shoah -mais ne sanctionnait que la négation de ce génocide-là, et pas celle des autres, sur d'autres continents que l'Europe (Arméniens, Afrique, etc).
Votée dans l'atmosphère d'hystérie créée par la classe mediatico-politique toute entière après l'obscure profanation antisémite du cimetière de Carpentras - on sait aujourd'hui que les skin-heads décatis, auteurs de cet acte immonde, étaient en fait très proches des RG de François Mitterrand, connu, depuis l'affaire de l'Observatoire (au moins), pour sa propension aux opérations douteuses...-, la loi Gayssot allait avoir des effets en chaîne. Tous aussi pervers les uns que les autres...Elle offrait un terrain de jeu merveilleux aux révisionnistes" et aux " négationnistes " de tout poil, aux faussaires de l'histoire, manipulés par les sectes néo-nazies, elles-mêmes sous le contrôle étroit des divers services de renseignement intéressés à l'affaire. Elle mettait en difficulté, au passage, ceux qui, tout en se situant résolument dans la tradition démocratique de la Résistance française anti-nazie, de la France Libre, et tout en voyant parfaitement clair dans le jeu de ces gens-là, de leurs inspirateurs, financiers et complices, refusaient d'avaliser une loi contre l'histoire, contre la liberté de pensée, contre la culture. Contre tout ce qui a fait la France...Et s'indignaient de la condamnation d'un penseur aussi intègre et prestigieux que Garaudy...
Autre effet pervers, mais qui à la toute-fin des fins, se retourne contre l' " Opération Repentance", et contre la loi elle-même, l'indéfendable "loi Gayssot" allait susciter l'émulation, puis l'escalade, dans le "Repentir", et la " guerre des mémoires ". Chacun se battant alors, évidemment, pour exiger " sa loi ", tout en s'inscrivant, sans s'en apercevoir, ou sans rien y pouvoir, dans la mortifère confusion entre Mémoire et Histoire, et tout en rentrant, avant l'heure, (" auto-punir la France"), dans un schema de flagellation masochiste du pays par lui-même. Dans une spirale sans fin de démoralisation de la nation. Dernier exemple marquant: l'anniversaire de la mort de Ben Barka, où tous les coups de fouet des esclaves débiles du "politiquement correct" ont été distribués à la France de l'époque, la France tiers-mondiste, indépendante et amie des peuples arabes du général De Gaulle - le tout, exactement dans la lignée de ce qu'avaient voulu et programmé, à l'époque, les véritables inspirateurs de la liquidation de Ben Barka, les maîtres d'Oufkir, les Israéliens du Mossad, dirigés par le fameux Tordjman, qui visaient autant à compromettre la France gaulliste, devenue leur adversaire et leur cible prioritaire, qu'à liquider un adversaire dangereux...
Une page se tourne donc. Fin de la flagellation... Fin des coups de fouet...Fin du délire maso. Merci, tout particulièrement, à Azema, Elisabeth Badinter, et Vidal-Naquet, sans lesquels ce coup de tonnerre n'aurait pas eu, dans le ciel de nos idées, le retentissement qu'il mérite...Signons, signons et re-signons. Qu'on en finisse!"

(Article publié sur le "blog" Imbongi, 14 décembre 2005)


«il n'y a pas une communauté dans laquelle ne soit pas apparu un prophète pour la mettre en garde et la guider »

26 juin 2011

Pour l'avènement de la femme (2)

J'ai dit à quelques copains, vous vous êtes athées plus par médiocrité d'âme que par idéal. Si vous l'on disait par exemple que l'athéisme exige de faire la prière ou le ramadan, vous cesserez immédiatement d'être athées, et que vous deviendrez croyants en Dieu, si l'on vous assure qu'il n'y a aucune de ces contraintes.
L'ouvrage de Roger Garaudy, "Pour l'avènement de la femme" (1981) est très instructif. J'y ai découvert plusieurs faits historiques.

Ce qui m'a plu dans cet ouvrage:

- C'est d'abord, son orientation résolument progressiste. Il dénonce entre autres ceux qui disent : "Bien sur que nous sommes pour l'égalité entre les femmes et les hommes, mais chaque sexe a sa spécificité (social)" selon la nature, en jouant sur l'ambiguïté du mot spécificité, qu'ils feignent de confondre avec différence.

-Le fait qu'il lie aussi bien les conditions d'oppression de la femme que les moyens de sa libération au système économique, politique....

- Il évoque la question du lien entre la sexualité et l'amour, où il cite certaines auteures féministes. Je pense moi aussi depuis longtemps la même chose. Je dis à certains dans mon entourage, même pour une passade avec une femme, nous avons besoin d'un minimum de sentiment, à savoir de la sympathie pour sa partenaire ,et inversement.

- Garaudy rappelle que le célibat des prêtres n’a aucune prescription dans l’Evangile. Qu’il a été décidé par le Vatican entre le IVe et XIVe siècle pour des raisons sordides : préserver l’immense patrimoine de l’Eglise de l’héritage, suite au mariage des prêtres.


- Il rappelle les idées misogynes des philosophes de l’antiquité et des Pères de l’Eglise, notamment
saint Thomas d’Aquin qui dit que : « La femme est, par nature, soumise à l’homme, car l’homme jouit avec plus d’abondance du discernement de la raison ». Ou bien Richelieu dans son Testament politique à propos de la femme : « Rien n’est plus capable de nuire à l’Etat que ce sexe ».

- Le fait qu'il s'appuie surtout sur des penseurs ou des féministes chrétiennes progressistes. Cela ne déplait pas du tout, bien au contraire. Car il mène la contradiction au sein même des fiefs des justifications idéologiques de l'oppression des femmes. Cela casse aussi la vision de la religion, qui n'est pas celle de Marx.
Certes, dans l'absolu, la religion est oppressive ou fort contraignante dans la vie, mais elle n'est pas toujours instrumentalisée dans un but d'oppression, comme l'a fait l'Eglise, la Synagogue ou les islamistes. Elle peut être aussi mobilisée dans le combat pour l’émancipation nationale et/ou sociale.

C'est pour cette raison que contrairement à l'extrême gauche, nous, communistes, algériens, et ceci est valable pour nos camarades dans les autres pays musulmans, menions notre combat politico-idéologique contre les islamistes (sans exception de tendances) qui bafouent l'islam notamment par le mensonge en disant que la laïcité, c'est l'athéisme, que tous les communistes sont des athées, afin de nous isoler de la masse des musulmans.

Nous faisons quant à nous valoir aussi les ayates ( versets) et hadiths (dits) de Mohammed, de Ali Ibn Abi Taleb (cousin et gendre du Prophète), qui disaient que "Les croyants sont égaux comme les dents d'un peigne", de Abou Dhar El Ghifari (premier socialiste dans l'islam, et l'un des précurseurs de la chii'a, qui figura parmi les ahl el beit (pouvoir devant revenir à la lignée du Prophète, et donc à Ali, lors des débats houleux, où ils avaient abandonné la dépouille de Mohammed à la seule garde de sa seule fille, Fatima), des Karamita, fondateurs de la République égalitaire (dans le golfe arabo-persique), des mûtazila...

Il cite la militante progressiste péruvienne, Domitila, "Si l'on me donnait la parole". Mes camarades et moi avons lu et fait circuler ce livre en Algérie, dans les années 1970 (acte militant).

Il cite aussi Alexandre Kollontai. J'ai lu un de ses ouvrages, au début peut-être des années 1980. Je ne me souviens plus quel titre. Mes camarades et moi l'avions lu et fait circuler autour de nous (comme pour tous les livres progressistes).

Il cite Inès Armand, russe d'origine française, hélas, maîtresse de Lénine. Elle aussi était pour l'amour libre, comme Kollontaï et quelques autres Bolcheviques. Elle n'avait pas moins le feu quelque part. Je considère le comportement de Lénine, comme infect à l'égard de sa femme Kroupskaïa, et indigne d'un chef d'une révolution qui prônait l'égalité entre tous les humains. Cette égalité devant selon moi commencer par le respect de la dignité de l'autre et de ne pas céder à la chair fraîche de la jeune et belle française, et de ne pas l'imposer pendant un moment sous un même toit à sa femme, lui allouer pendant plusieurs années un appartement proche au sus et au vu de tous.

Il évoque les physicien(ne)s Marie Curie, Irène Curie, son mari Joliot Curie, et Paul Langevin, tous ex-amis de Garaudy, sans dire qu'ils étaient des militants du PCF. 


JPC/Hakim Arabdiou

21 juin 2011

Le Prix des Deux Magots


Liste des lauréats du Prix des Deux Magots depuis 1933

1933 Raymond Queneau : Le Chiendent
1934 Georges Ribemont-Dessaignes : Monsieur Jean ou l´Amour absolu
1935 Jacques Baron : Charbon de Mer
1936 Michel Matveev : Etrange Famille
1937 Georges Pillemen : Plaisir d´Amour
1938 Pierre Jean Launay : Léonie la Bienheureuse
1939 et 1940  Le prix n´a pas été décerné
1941 J.M. Aimot : Nos mitrailleuses n'ont pas tiré
1942 Olivier Séchan : Les Corps ont soif
1943 Le prix n'a pas été décerné
1944 Jean Milo : L´Esprit de famille
1945 Le prix n'a pas été décerné
1946 Jean Loubes : Le Regret de Paris
1947 Paule Malardot : L´Amour aux deux visages
1948 Yves Malartic : Au Pays du Bon Dieu
1949 Christian Coffinet : Autour de Chérubine
1950 Antoine Blondin : L´Europe buissonnière
1951 Jean Masarès : Le Pélican dans le désert
1952 René-Jean Clot : Le Poil de la Bête
1953 Albert Simonin : Touchez pas au grisbi
1954 Claude Cariguel : S
1955 Pauline Réage : Histoire d´O
1956 René Hardy : Amère Victoire
1957 Willy de Spens : Grain de Beauté
1958 Michel Cournot : Le Premier Spectateur
1959 Henri-François Rey : La Fête Espagnole
1960 Bernard Landry : Aide-mémoire pour Cécile
1961 Bernard Jourdan : Saint-Picoussin
1962 Loys Masson : Le notaire des noirs
1963 Jean Gilbert : L'Enfant et le Harnais
1964 Clément Lépidis : La Rose de Büyükada
1965 Fernand Pouillon : Les Pierres sauvages
1966 Michel Bataille : Une Pyramide sur la mer
1967 Solange Fasquelle : L´Air de Venise
1968 Guy Sager : Le soldat oublié
1969 Elvire de Brissac : A Pleur-Joie
1970 Roland Topor : Joko fête son anniversaire
1971 Bernard Fran : Un siècle débordé
1972 Alain Chedanne : Shit, Man
1973 Michel del Castill : Le Vent de la nuit
1974 André Hardelle : Les Chasseurs Deux
1975 Geneviève Dorman : Le Bateau du courrier
1976 François Coupr : Mille pattes sans tête
1977 Agnès Cagnaty : Génie la folle
1978 Sébastien Japrisot:  L´Eté meurtrier
1979 Catherine Rihoit:  Le bal des débutantes
1980 Roger Garaudy : Appel  aux vivants
1981 Raymond Abellio : Sol Invictus
1982 François Weyergans : Macaire le Copte
1983 Michel Haas : La dernière mise à mort
1984 Jean Vautrin : Patchwork
1985 : Arthur Silent: Mémoires minuscules
1986 Eric Deschodt : Eugénie les larmes aux yeux
         Michel Bretman : Témoin de poussière
1987 Gilles Lapouges : La bataille de Wagram
1988 Henri Anger : La mille et unième rue
1989 Marc Lambron : L'impromptu de Madrid
1990 Olivier Frébourg : Roger Nimier
1991 Jean-Jacques Pauvert : Sade
1992 Bruno Racine : Au péril de la mer
1993 Christian Bobin : Le Très-Bas
1994 Christophe Bataille : Annam
1995 Pierre Charras : Monsieur Henry
1996 Eric Neuhoff : Barbe à Papa
1997 Eve de Castro : Nous serons comme des Dieux
1998 Daniel Rondeau : Alexandrie
         Eric Faye : Je suis le gardien du phare
1999 Marc Dugain : La Chambre des officiers
2000 Philippe Hermann : La vraie joie
2001 François Bizot : Le Portail
2002 Jean-Luc Coatalem : Je suis dans les mers du Sud
2003 Michka Assayas : Exhibition
2004 Adrien Goetz : La Dormeuse de Naples
2005  Gérard Oberlé  : Retour à Zornhof 
2006  Jean-Claude Pirotte  : Une adolescence en Gueldre 
2007 Stéphane Audeguy: Fils unique
2008 Dominique Barberis : Quelque chose à cacher
2009 Bruno de Cessole : L'heure de la fermeture dans les jardins d'occident
2010 Bernard Chapuis : Le rêve entouré d'eau
2011 Anthony Palou : Fruits et légumes

12 juin 2011

Risques techniques: relever le défi de l'entropie.

L’humanité face à son destin


Au moment où certains hommes lucides s’inquiètent pour l’avenir de la planète bleue, se succèdent les guerres du diamant noir et s’accélère, en même temps, la course au développement dans le Tiers-Monde. Mais pendant combien de temps la terre supportera cette frénésie faustienne ? Cette question est d’une brûlante actualité pour les écologistes mais elle n’est pas l’apanage d’un groupe. Il serait d’ailleurs intéressant de revisiter de temps en temps certains philosophes, même infréquentables, comme Roger Garaudy. Ce philosophe français contemporain met l’accent, depuis les années 1970, sur la nécessité pour l’homme moderne de muter pour être en phase avec les nouvelles exigences du monde. Le concept de mutant est novateur et touche même le cœur de la question de l’avenir de l’humanité et de la planète Terre.

Pour Garaudy, la survie de l’humanité dépend absolument de l’avènement d’un nouvel homme. L’aventure humaine est arrivée à la fin d’un cycle ; elle a été précipitée dans des voies sans issue par l’économie, la finance et l’industrie modernes. Il faut peut-être rappeler que Garaudy est un spécialiste de la philosophie de l’histoire dont les recherches sont axées sur Marx mais surtout sur la notion occidentale de progrès qu’il remet en cause et écarte au profit du concept d’entropie. En effet, selon Garaudy, si nous en sommes à ce stade, c’est parce que le monde occidental est guidé par le postulat de Faust selon lequel l’homme doit devenir tout puissant, prendre la place de Dieu et régir le monde. L’idée de progrès véhiculée, comme loi de l’histoire, est un leurre car le monde est, en réalité, régi par la loi de l’entropie.



Ce terme a été forgé en 1865 par le physicien allemand Clausius qui, après les travaux de Sadi Carnot sur la puissance motrice du feu, a découvert le second principe de la thermodynamique selon lequel la transformation de l’énergie provoque en même temps sa dégradation. Cela se traduit par une croissance du désordre. C’est cette non disponibilité de l’énergie une fois transformée qui est appelée entropie. De la même manière, la planète Terre se trouve piégée parce que son énergie est dilapidée par l’Occident, le promoteur des progrès techniques et de l’industrie à grande échelle. D’après Garaudy, c’est ce même principe qui régit le monde dans sa globalité ; il a fallu des années avant qu’on se rende compte des dangers qui guettent la planète bleue. Il écrit :

« Tant que l’entropie demeurait seulement une loi physique prédisant l’épuisement du soleil dans quatre milliards d’années, et la mort de notre planète dans quelques millions d’années, au regard de l’histoire humaine l’entropie était négligeable (…) Il apparut qu’à l’échelle présente du pouvoir humain, notre modèle de croissance accélérait vertigineusement l’entropie, que l’entropie n’était plus seulement une loi physique, une loi de la longue histoire des choses, mais aussi une loi économique, une loi de la courte histoire des hommes (…)… Parlons franc : le modèle de croissance défini par une augmentation quantitative sans fin de la production et de la consommation, ce modèle de croissance engendré par le modèle faustien de la culture occidentale depuis la Renaissance, conduit aujourd’hui à un suicide planétaire. Nos économistes, nos politiciens, nos futurologues positivistes continuent à tenir le langage des premières ivresses de l’industrialisation, celui du XVIIIe siècle, et des « lumières », celui de Marx ou celui de l’optimisme libéral comme si la loi fondamentale de notre monde était la loi du progrès, la loi selon laquelle science et technique peuvent assurer le bonheur de l’homme en satisfaisant ses besoins illimités. »

Garaudy fait cas ici des conséquences de la croissance des 90 dernières années. En effet, les spécialistes ont démontré qu’en cette courte période, plus la moitié du charbon utilisé depuis le début de l’ère moderne a été extraite. De même, dans les 70 dernières années, plus de la moitié du pétrole disponible a été exploitée, sans oublier l’uranium dont les gisements sont pratiquement épuisés. En évoquant ces points, le philosophe français se pose la question de savoir si l’homme d’aujourd’hui a le droit de dilapider, en peu de temps, le capital stocké en énergies fossiles, depuis des millions d’années, dans les entrailles de la terre, et le capital plus récent des forêts stocké depuis des siècles ? La réponse est évidemment non et c’est la raison pour laquelle Garaudy sonne la fin d’un cycle qu’il qualifie d’infernal. En effet, pour lui, nous assistons à la fin d’une illusion et pas encore à la fin du monde : le monde occidental prend conscience de son impuissance et de son incapacité à devenir comme « maître et possesseur de la nature » puisqu’il n’a fait que la détruire, la défigurer au lieu de la transfigurer. Par conséquent, le moment est venu de passer à autre chose c’est-à-dire tenter de relever le défi de l’entropie. La mutation ne serait-elle pas la véritable révolution tant attendue, contrairement à celles que l’humanité a connues dans l’histoire ? Celles qui consistaient à réaliser de simples passations de pouvoir à l’intérieur d’un même système d’aliénation de l’homme ? Ne faudrait-il pas un changement des fins et du sens de la vie et de l’histoire pour que la volonté de revivre l’aventure humaine soit une possibilité ? Cette grande mutation ne reposerait-elle pas sur le dialogue des cultures et des civilisations afin d’apporter des réponses aux problèmes du monde dont le plus sérieux est la possibilité technique d’anéantissement de la vie sur terre ?…


Moussa Samba 
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Dans son article intitulé "L'humanité face à son destin", Moussa Samba a décrit justement les concepts de Garaudy permettant de penser la nécessité d'une modification du comportement de l'humanité. En effet, la catastrophe nucléaire de Fukushima a souligné une fois de plus le problème de notre comportement en matière d'énergie. La technique peut alors sembler être au service d'une exploitation de notre planète pour le confort de quelques-uns sachant qu'elle occasionne une prise de risque souvent démesurée.
Je souhaiterais ici questionner la pertinence du concept d' "entropie". L'article rappelle bien que ce concept d'origine physique désigne, dans la seconde loi de la thermodynamique, la tendance nécessaire pour les phénomènes énergétiques à aller vers une augmentation du désordre au point de vue microscopique. Tout le problème est alors de questionner la transposition que Garaudy fait de ce concept physique dans une réflexion philosophique sur la technique. Cette transposition est-elle pertinente et fondée ? Même sans avoir jamais lu Garaudy (peu importe ici les noms propres derrière lesquels on cache la pensée) que peut-on penser de cette idée d' "entropie" transposée dans une réflexion sur la technique ?


Ce qui est certain, c'est que cette idée d' "entropie" nous parle. Surtout après la piqûre de rappel de Fukushima… Cela nous parle car l'idée d'une tendance inexorable vers le désordre résonne avec le constat de la catastrophe associé de près au présupposé de l'exploitation et l'exténuation des ressources fossiles de la planète. Nous voyons tout de suite cette marche de l'humanité vers l'extinction à cause de l'épuisement des ressources et à cause de son comportement technique irresponsable donnant lieu, notamment, à des catastrophes telles que celle de Fukushima. Nous sommes alors tentés de souscrire à la lecture que Garaudy fait de la marche de l'humanité à partir de cette analyse de la technique. La notion d'entropie fait parfaitement échos à un pessimisme qui se veut réaliste quant au devenir de l'humanité. Cela se résume parfaitement dans cette idée : augmentation du désordre et dissipation inutile de l'énergie…
Toutefois, nous souhaitons souligner ici les dangers d'une telle transposition..


D'une part, elle peut être simplement un maquillage apparemment habile et valorisant pour souligner l'idée, somme toute classique, de la nécessité d'une réforme de nos comportements. Est-il en effet besoin de parler d'entropie pour souligner les dangers de la technique et la nécessité de ne pas gaspiller nos ressources ? N'est-ce pas une manœuvre rhétorique pour donner une caution scientifique à une hypothèse philosophique discutable ? Dire que l'humanité tend nécessairement vers sa disparition est soit un truisme (qui pense l'humanité éternelle à l'échelle géologique ?) soit la mise en évidence de notre irresponsabilité à travers l'idée que nous accélérons, par notre comportement, une fin qui de toute façon arrivera. Mais dans ce dernier cas, était-il indispensable d'introduire une notion scientifique ? Le risque me semble être celui d'une extinction de la réflexion. Sous couvert de l'entropie, on prétend donner une assise à une thèse qui pourtant n'a pas de valeur véritablement scientifique dès lors qu'on sort cette notion de son réel contexte théorique (celui de la thermodynamique). Cette tromperie apparaît alors d'autant plus habile qu'elle s'appuie sur nos angoisses. Plutôt que de nous faire réfléchir à la technique et à ses effets, la notion d'entropie nous dispenserait de penser en nous faisant admettre cette tendance inexorable vers le pire. Je ne vois alors dans l'entropie transposée dans l'histoire humaine qu'une exploitation de nos angoisses pour forcer le pessimisme et inciter par là une réaction ou une "mutation". Grâce à l'entropie, plus besoin de parler avec les optimistes qui défendent la technique et qui pensent qu'il y a une rationalité technique qui permettrait un encadrement de nos actions et une gestion du risque et des ressources.


D'autre part, en allant plus loin, la notion d'entropie ne risque t-elle pas d'introduire un fatalisme déresponsabilisant et pourtant fondé sur une simple apparence scientifique ? Si l'humanité doit aller à sa perte, si c'est une loi nécessaire, pourquoi retarder l'échéance ? Quelle différence pour moi que l'humanité "vive" deux siècles de plus ? Ne puis-je préférer la disparition de l'humanité à la diminution de mon propre confort ? Si cela est inexorable, pourquoi faire quelque chose ? Après tout, c'est l'entropie…


Cette réflexion sur l'entropie permet donc de soulever un certain nombre de difficultés relatives à la technique :- la question de la prise de conscience du risque technique et de la possible réforme de nos comportements
- la question de l'exploitation de la peur liée à la technique.
- la question de la tendance à utiliser la science pour donner une pseudo légitimité à une thèse
- la question de la responsabilité vis-à-vis des générations futures
Je crois que ce sont ces questions qui sont finalement soulevées par ce titre : "L'humanité face à son destin".


Braverman Charles

11 juin 2011

Ainda é tempo de viver



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por Pedro Luso de Carvalho



.O filósofo francês, ex-integrante do Partido Comunista da França, Roger Garaudy, autor de mais de 50 livros, uma grande parte dessa produção sobre a filosofia política e marxismo, deu como título de uma de suas obras Est enconre temps de vivre ('Ainda é tempo de viver’), esta, escrita em cooperação com Pierre-Luc Seguillon (Paris: Editions Stock, 1980); no Brasil, o livro foi publicado em 1981, com tradução de Aulyde Soares Rodrigues, pela Editora Nova Fronteira.


O título da obra, Ainda é tempo de viver, não antecipa, como o leitor poderia pensar, tão-somente uma mensagem de esperança e de otimismo, mas, antes de tudo, uma forte crítica sobre ausência da fé pelos povos - não a fé pregada pelas igrejas cristãs. E, essa é mesmo a intenção de Garaudy, que no início do livro pergunta: “Existe um futuro para o homem?” E, após, convida o leitor para, com ele, ler um pequeno artigo de jornal, sobre um homem que morreu dilacerado por um trem do metrô, logo acrescentando: “Um homem livre, entre homens livres, foi dilacerado por essa liberdade”.


Mais adiante, Garaudy diz o motivo que o levou a contar essa história: “Porque ela nos conduz ao problema central. Não apenas ao problema de viver, mas ao problema central do nosso tempo: as vidas sem objetivo. Vidas que levam apenas à morte”. Após essa afirmação, indaga o que se deve fazer para mudar isso; e afirma que pelo menos quinze mil suicídios são cometidos na França, por ano – ‘quase tanto como o número de mortes nas estradas’ -; e que as tentativas de suicídios ficam em torno de cem mil – ‘muito menos do que o número de inválidos por desastres de carro ou de moto’ -; e que, por alcoolismo, morrem quarenta mil pessoas, bem menos que as mortes pelo fumo, que atingem vinte mil; e menciona que morrem menos pelas drogas – ‘Falo das drogas que não o álcool, o fumo ou o automóvel’.


É evidente que esses dados estatísticos não valem para os dias atuais, para este início do ano 2009, bem distante desses levantamentos mencionados por Garaudy, na França de 1980. E, se esses números de suicídios e das suas tentativas de suicídio, das mortes nas estradas por acidentes de carro e das mortes pelo vício do álcool e do fumo são demasiadamente elevados, o que poderíamos dizer sobre uma estatística francesa atualizada, cujos números devem ter aumentado em razão da taxa populacional, aumento astronômico do número de veículos rodando pelas ruas e estradas, além do aumento do número de alcoólatras, fumantes, etc. O mesmo vale para o Brasil e para as principais metrópoles do mundo.
.
Garaudy pergunta, depois de dizer que a metade das neuroses é provocada pelo ruído, que oitenta por cento por câncer ambiental, e, ainda, as doenças cardíacas, em conseqüência da vida agitada que se leva. Depois se pergunta se tudo isso faz sentido. E mais: ‘Nossa vida quotidiana significa alguma coisa? Quem é o chefe da orquestra invisível que rege essa cacofonia?” A resposta a essas perguntas de Garaudy, é ele mesmo quem as dá: “O crescimento. Isto é, o domínio de toda a sociedade por este modelo de organização de empresa, exatamente como foi concebido na primeira metade do século XX, denunciada por Chaplin em Tempos modernos. Uma empresa cuja única finalidade é produzir seja lá o que for e fabricar o mais possível”.


Segue parte da crítica ao crescimento, por Garaudy: “Minha crítica ao crescimento não tem fundo ‘moral’, nem mesmo ‘ecológico; é uma crítica feita em nome de um outro modo de agir no mundo. A tese central do meu ‘Apelo aos vivos’ é a de que o problema do crescimento não é apenas um problema econômico e político, mas acima de tudo um problema de fé, uma vez que o crescimento é o deus oculto de nossas sociedades e que a publicidade é sua liturgia demente. Toda a minha argumentação baseia-se neste princípio: ‘podemos viver de outro modo’. Saber que podemos nos livrar desse mergulho suicida do atual modelo de crescimento é um ato de fé”.


Garaudy fala mais dessa fé, para ele indispensável para que se possa viver melhor no mundo conturbado de hoje, com todo o tipo de violência, como as que foram por ele mencionadas, e que, por certo, deve fazer menção também ao morticínio que nos dias atuais ocorre na Faixa de Gaza, entre judeus e palestinos, com vítimas inocentes, como crianças, mulheres e velhos - além dos combatentes -, que não tiveram nenhuma ingerência nas decisões políticas tomadas pelos líderes responsáveis por essa barbárie:


“Em uma palavra, a fé é a alma de toda a política que está à altura do homem, de toda a política sem dogmatismo e sem dominação, desde que cada um aja com a consciência de ser pessoalmente responsável pelo destino de todos os outros”. E aduz o filósofo: “E essa fé pode ser a de um hindu, de um judeu, de um cristão, de um mulçumano ou de um ateu”.


No capítulo “Do crescimento cego à fé no homem”, o primeiro de seu livro Ainda é tempo de viver, já perto do final do texto, escreve Garaudy: “Toda a revolução profunda nasce da conjunção da miséria e da revolta com a esperança e a fé. A grande fraqueza das igrejas cristãs é o seu distanciamento dos movimentos populares e a degradação da fé transformada em religião. Dessa dupla mutilação, a revolução de um lado, e as Igrejas de outro, decorre nossa incapacidade atual de operar as mutações necessárias à nossa sobrevivência e à nossa vida”.
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8 juin 2011

Ni capitalismo ni socialismo en el Islam

Por: Raúl Crespo
13/04/11



El islam, es una palabra que designa la religión y el conjunto de países en la que la religión musulmana es predominante, doble significado para la religión árabe que sin ella no serian el mundo árabe y su histórico aporte cultural para África, Asia Central, Medio Oriente, India, incluso China, pueblos a los que la casa blanca les puso el ojo ávido de petróleo e influencia geopolítica proyectada por la CIA.

La agencia de inteligencia redacto las normas de percepción para ver y juzgar al pueblo árabe menospreciando su ideología, la palabra de Mahoma en el Corán así como al islam, menosprecio toda la cultura musulmana que navega hinchada las velas con los integrismos y los fundamentalismos.

Se tiende a confundir el panarabismo con el islamismo, el panarabismo es parte de todo, el islamismo es una revolución religiosa, intelectual y moral, económica, tecnológica y social, casi comparada a la revolución industrial europea o con las diferencias entre los dos bloques sistemas este y oeste cuando existían, nuevas revolucione en la que la religión se somete al Estado, lo somete y le inspira el verdadero integrismo para enfrentar al imperialismo, el peligro más grande para sunitas como chiitas.

Desde que EEUU tomo la posta imperial después de 1945 no solo se transformo en un país altamente desarrollado e inmensamente rico del mundo sino que practica las violaciones mas dantescas a los derechos humanos, destinado a destruir naciones de las más antiguas de la tierra como Irak e Irán, convertidas en reservas de las culturas más valiosas en una desigual guerra en la región más codiciada del mundo en los últimos 200 siglos, donde consecutivamente se asentaron imperios.

El petróleo de negro color es el que amenaza al islam, civilización que tardo siglos en nacer, crecer y desarrollarse, es destruida en segundos por misiles “inteligentes” lanzados desde aviones F-117-16 o 18. Ningún imperio desde el romano al estadounidense entiende la influencia cultural, así, no llegan a controlar sus tierras interiores solo les interesa controlar Bagdad, Teherán, Trípoli, para decir que la coalición ha triunfado para restablecer la democracia.

Irak e Irán, son mucho más productivos que Siria y Egipto; Bagdad y Teherán, están mejor ubicados que Damasco y El Cairo, para los intereses geopolíticos de EEUU que acompañan al petróleo, además, Ahmadineyad es más peligroso que Chávez, mas fanático que el mismo Kaddafi, más peligroso que el mismo terrorismo porque el mismo lo engendra dicen… y más conflictivo que los Castro, porque, controla el Golfo Pérsico y el estrecho de Ormuz.

Los permanentes conflictos y guerras entre Líbano, Palestina, Siria, Irán, con Israel, Irak-Irán- Libia, Afganistán con EEUU y Europa, son de injerencia estadounidense por intereses geopolíticos contra Irán, en la actualidad, y las dos guerras del golfo confirman la hegemonía de Washington y de la Unión Europea tras la eliminación de la Unión Soviética, con los chinos exclusivamente en la reserva económica mundial, evitan que el mundo árabe pueda formar un bloque capaz de enfrentar económicamente y políticamente a norteamericanos y europeos.

Desde su independencia 1945-1962 el mundo islámico abría campo a una unidad de acción en donde millones de musulmanes rechazaron el capitalismo como el socialismo en su versión occidental, este rechazo se volvió histórico con el integrismo musulmán cuyos ejemplos los dio el mismo Kaddafi, Saddan, Ayatola Khomeini, y la victoria del frente islámico de salvación en Argelia, y hoy con la reelección de Ahmadinejad, confirman el avance fundamentalista porque el avance del capitalismo como del socialismo han demostrado sus límites reales en Libia, Túnez, Egipto, Argelia, Yemen.

“La única alternativa es la solución islámica” decía Abassi Madani, sociólogo y filosofo, quien reconoce como única ley la Sharia islámica “que implica la persecución a los corruptos y a los negligentes, para el retorno a un Estado islámico anterior a la colonización”.

La República islámica de Irán, no cesa en denunciar las corrupciones diabólicas de EEUU, mientras instala la tradición islámica con toda su fuerza de Estado, con un alto contenido económico-social y militar, con alta influencia chiita, divididos con los sunitas por su alianza político-militar con los estadounidenses en Arabia Saudita, Qatar, Emiratos Árabes Unidos, Bahréin, Kuwait, Argelia, Marruecos, y aunque la secta chiita no supere el 25% de la población del islam millones de musulmanes incluidos los sunitas no son insensibles al llamado de la integración cuando sienten el contraste en sus países con la prosperidad de las monarquías y de los gobiernos hereditarios comparados con los de la población.

Las revueltas en estos países son una constante guerra ideológica entre occidente y el islamismo que muestra una enorme complejidad cuando de radicalizar el islamismo se trata, porque, la integración islámica encubre realidades muy complejas por la introducción de la cultura occidental en el mundo musulmán para lograr la re islamización desde Asia Central al Cáucaso y desde Nigeria al Medio Oriente y para superar la adoración del hombre por otro hombre.

“Occidente es un accidente, su cultura es un anomalía, desde hace siglos pretende definirse con la doble herencia grecorromana y judeocristiana” dice Roger Garaudy, en su libro “promesas del islam, la tercer herencia sin la cual no se explica la Europa del renacimiento por lo tanto la Europa de la modernidad”.

Y no solo eso, “el islam es la alternativa al capitalismo y al socialismo” libro escrito en 1981 antes de la perestroika, Garaudy agrega, “lo cierto es que hoy EEUU quiere dejar al mundo musulmán en el Medio Oriente y en el Norte de África, sin historia, sin futuro y sin libertad para escoger otras alternativas” es la tesis de Garaudy en su libro “el espíritu del islam”.

En sus anti memorias Andre Malraux dice, “el siglo XXI será religioso o no será” refiriéndose al islamismo y al poder que ostentan las religiones. Antes de ser derrocado el Sha por el Ayatola en 1979 y mientras conmemoraba los 3000 años de Persia de Ciro el Grande manifestó “cuando las fuerzas religiosas se mesclen con las políticas se vivirían tiempos peligrosos”, es lo que estadounidenses y europeos desean evitar a toda costa sin conseguirlo porque eso mismo esta ocurriendo en algunos países musulmanes, los chiitas luchan encarnizadamente para que el islam no sea violado por la cultura occidental, desigual combate revolucionario, pero, tienen que lograrlo.

5 juin 2011

"Merci, Roger...", par l'abbé Pierre

   Très cher Roger, merci. Ton manuscrit m'arrive: Avons-nous besoin de Dieu ? Quelle précieuse contribution tu apportes, parmi ceux, de plus en plus nombreux, qui accomplissent des travaux de grande qualité pour sauver l'espérance réelle. Une espérance qui ne soit pas illusoire. Cette espérance qui manque à la génération de l'actuelle jeunesse qui se sent suffoquer, murée, sans raison d'être, et cela peut être pour très longtemps encore après nous.
   Beaucoup, malgré des efforts éperdus, se voient acculés à vivre sans "projet", ni universel pour l'humanité, ni possible pour chacun, un à un et ensemble, dans la diversité des dons et des cultures.
   Tout peut être autre. "Non, comme s'écriait Psichari au Sahara, ce n'est pas vrai que la vraie route soit celle qui n'arrive nulle part." Serions-nous si fous que nous laisserions en douter ?
   Non ! Filles et garçons naissant à tout instant, vous n'aurez pas à nous maudire car répondant à la voix intérieure qu'entend tout ancien, nous n'avons pas gardé bouche close alors que vous criiez vers nous: "Avant de t'en aller, dis-nous ce que tu sais !"
   Roger, c'est très différemment, mais comme par les sentiers de montagne allant à la même cime, que nous dirons, toi et moi, ce que nous savons, aussi longtemps que l'âge ne nous aura pas privés d'autres paroles que celles de l'offrande et de l'adoration. Car la même réponse intérieure nous a parlé en dépit de nos débilités et nos étourderies.
   Avons-nous besoin de Dieu ? Il faut crier: "Oui ! Oui !" Et ce livre lance ce cri avec science, érudition et passion aimante: oui, l'humanité a besoin de Dieu !

   Je peux de moins en moins écrire et cette lettre est peut-être notre dernier dialogue. Elle éveille en moi de très forts souvenirs qui se révèlent avoir été un lien, comme pour des montagnards en cordée.
   Voici quarante-huit ans, notre première rencontre fut une querelle fraternelle, mais passionnante, à propos de la primitive Eglise et de la lenteur de ses prises de position devant l'esclavage dans la société d'alors.
   Le lendemain, plus réfléchis l'un et l'autre, nous avons chacun, dans une pensée plus approfondie, trouvé la possibilité d'un jugement commun.
   Depuis, nos vies n'ont pas cessé de se côtoyer, si différentes et si enrichissantes à chaque rencontre par l'identité des énergies qui les tendaient. L'une et l'autre s'orientaient, avec mille surprises, vers un but, le seul qui vaille, vers la poursuite d'une rencontre, la seule à la mesure de nos êtres d'hommes. Ces hommes qui seuls, par leur liberté, c'est-à-dire leur responsabilité d'âmes, se trouvent être comme points culminants dans ce que nous pouvons jusqu'ici connaître de l'univers Cosmos.

   Là où je vis, il y a des vieux comme moi, et il y a aussi des enfants. Et passent des enfants, beaucoup, de tous âges. Ils m'ont ébloui, souvent, par leurs "pourquoi ?"; c'est leur mot à tous.
   Ils m'ont fait sentir la gravité de l'inconscience avec laquelle nous usons de la coutume. Coutume de tricheurs.
   Ils ont demandé "pour quoi ?". Cette question qu'on peut dire sacrée, quête de finalités, de motifs, de joie de se découvrir faits pour l'apaisement sans fin de nos soifs de savoir et d'aimer, cette question nous met dans l'embarras. Alors, pour nous dérober, nous répondons non pas "pour quoi", mais par l'un des "trucs" innombrables des découvertes de nos sociétés.
   Ils veulent être pour quelques raisons, et on leur propose les moyens qui leur permettent d'être pour rien,  qui les habituent à courir, courir comme tout le monde, sans savoir. Et bientôt fatigués, ils ne se demandent plus pour aller où, ni pour être qui.
   Merci, Roger, pour l'enfant que je n'ai cessé d'être.
   Oui, nous avons besoin de Dieu !
   Tu as rajouté à l'adoration en moi.
   Puisse-t-il en être ainsi pour beaucoup.
   Je t'embrasse et te garde, toi et les tiens, dans les silences de la prière.

Abbé Pierre
Halte d'Emmaüs
Lundi 5 juillet 1993


Cettre lettre introduit le livre "Avons-nous besoin de Dieu ?", Editions Desclée de Brouwer, pages 7 à 9

1 juin 2011

Que chaque enfant qui porte en lui le génie de Mozart puisse devenir Mozart


En 1981, dans le prolongement de l' Appel aux vivants, Roger Garaudy proposait dans Il est encore temps de vivre (Stock éditeur) des axes pour un programme politique novateur. Voici de larges extraits de la conclusion du livre (pages 248 à 251):

- Une politique de l'énergie qui ne soit plus fondée sur le pétrole et le nucléaire, mais sur la diversification des sources d'énergie (surtout des énergies renouvelables) et leur décentralisation, créant des emplois dans toutes les régions;

- Une politique orientée prioritairement sur la satisfaction des besoins collectifs: transports en commun, réorganisation radicale de notre politique de la santé et de la Sécurité sociale cpmme de l'éducation et des sports et loisirs, intégration à toutes les formes de la vie sociale [des] handicapés; équipement des régions, notamment les plus délaissées telles que la Bretagne et la Corse;

- Une politique favorisant l'esprit d'entreprise, surtout sous ses formes participatives et associatives (coopératives de production, de consommation et de services), aide aux entreprises associant aux décisions les travailleurs et les cadres, etc.

- Une réforme fiscale fondée sur la préoccupation prioritaire que la part des salaires dans le revenu national ne soit en aucun cas amputée [depuis 1981, cette part a été considérablement et dramatiquement amputée tant par les gouvernements de gauche que de droite, NDLR];

- Un plan financier permettant de résorber le chômage et d'enrayer la hausse des prix par une création de monnaie par des crédits à faible taux d'intérêt, liés à la relance sélective d'industries prioritaires, notamment dans la production d'énergies diversifiées, décentralisées et renouvelables;

- Une politique de décentralisation donnant à des parlements breton, corse, occitan, alsacien, tous les pouvoirs actuels des préfets, permettant ainsi de multiplier, les initiatives créatrices et les originalités de toutes nos régions au lieu d'y exporter, de Paris, procureurs et C.R.S. L'ensemble de ces parlements, et de l'Assemblée des communautés de travail, recréerait une unité de notre peuple fondée sur la diversité de ses composantes et non sur la domination d'une bureaucratie centralisée, dominatrice et asphyxiante, et permettant ainsi une participation de tous, sans exclusive à l'égard des partis, des idéologies, des religions ou des mouvements, au gouvernement du pays;


- Une politique créant avec le tiers-monde des rapports de réciprocité fraternelle et non de domination et de corruption, et cela par le changement de notre propre modèle de croissance, changement qui est la condition première d'un nouvel ordre économique et culturel mondial;

- Une politique d'indépendance et de défense ne faisant plus de la France ni un enjeu de la politique de la politique de bloc des superpuissances [RG écrit alors que le bloc soviétique existe encore...NDLR], ni le dépôt d'une panoplie atomique dérisoire dont le seul résultat, tout en ruinant le pays, est de faire peser sur nous le cauchemar d'une destruction totale;

- Une politique changeant radicalement l'orientation même de l'éducation en n'en faisant plus un instrument d'adaptation au système établi, mais un appel à l'invention d'un avenir inédit donnant à la vie de chacun un sens, et en changeant de fond en comble ses structures, pour que l'éducation ne soit plus limitée au début de la vie etn séparée e la vie, mais permette à tout âge une alternance du travail manuel et créateur, de la production et de la création, un passage toujours possible des tâches d'exécution à des tâches de recherche et d'innovation;

- Une politique de la santé découlant d'une inversion fondamentale de nos modes de vie et d'une organisation médicale centrée non sur la compensation des dégâts physiques engendrés pour l'essentiel par notre système social, mais sur la prévention fondée sur un changement complet de nos conditions de vie, du mode de travail au mode de transport, de l'expression corporelle à une existence qui ait, tout entière, un sens et donc une joie;

- Une politique, en un mot, qui crée les conditions matérielles d'un épanouissement artistique et moral de chacun: où chaque enfant qui porte en lui le génie de Mozart puisse devenir Mozart; où chaque femme et chaque homme ne soit plus enfermé, par la concurrence sauvage et la lutte de tous contre tous, par le désir d'égaler un privilégié ou de vaincre un rival, dans la solitude individualiste d'un petit moi vaniteux et invariablement dominateur ou frustré, mais où, au contraire, chacun puisse prendre conscience que l'autre n'est pas la limite mais la condition de ma liberté, où chacun puisse prendre conscience qu'il est personnellement responsable de l'avenir de tous.
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy